Marine
(Crédits : Shutterstock)

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Déjà candidate pour 2027, Marine Le Pen revient d’un grand voyage dans la France de l’Océan Indien.

Alors que nos compatriotes mahorais subissent le pire, « MLP» a voulu faire part de sa plus vive préoccupation, assumant faire de Mayotte une priorité de son action politique. 

La liesse. Lorsque Marine Le Pen pénètre dans le hall d’accueil de l’aéroport de Mamoudzou, des Mahoraises viennent la saluer avec chaleur et passion. La figure du camp national arrive sur l’île en terrain conquis : elle y totalisa 59,1 % des voix au second tour de 2022, face à Emmanuel Macron. Ce sympathique comité d’accueil entreprend aussitôt de la vêtir aux « couleurs locales » avec la salouva, cette magnifique toge rouge, orange et noire.

Mayotte, l’île de toutes les urgences

L’habituel collier de fleurs est évidemment au rendez-vous. Deux pas derrière, son garde du corps sourit de manière énigmatique, portant la petite valise de celle qu’il protège au quotidien. « MLP » distribue des bises à tout-va, affectueuse comme elle sait l’être. De loin, on pourrait croire à l’arrivée d’une grande chanteuse ou d’une vedette à la mode.

C’est pourtant bien la favorite de l’élection présidentielle qui s’élance à la découverte du 101e département français. Un voyage qui n’a rien d’une première, puisqu’elle visite régulièrement cette île aux prises avec mille défis, et qui doit d’abord faire face aux arrivées illégales en provenance de l’archipel voisin des Comores. Marine Le Pen appellera d’ailleurs à « tordre le cou » à ce micro-état qui se comporte, visiblement, en ennemi de la France. En Allemagne, ses partenaires de l’AfD ont récemment critiqué la souveraineté française à Mayotte. Réponse implacable de la candidate : « Qu’ils s’occupent de l’Allemagne ! Nous allons avoir une explication très claire à mon retour ! S’ils ne modifient pas leur position, nous irons à la rupture ! ». On ne pourra pas l’accuser d’aplaventrisme devant Berlin.

Une tournée en terrain conquis

Sur place, elle rencontrera le président du conseil départemental, Ben Issa Ousseni, ainsi qu’un collège d’élus locaux qui tous tireront la sonnette d’alarme. Accès à l’eau, santé, pouvoir d’achat, sécurité, immigration… C’est bien l’état d’urgence qu’il faut déclencher pour sauver cette petite France de l’Océan indien. Le territoire crie sa détresse, si souvent dans l’indifférence des grands médias… La prétendante au pouvoir suprême semble bien informée des situations locales, grâce à André Rouget, l’eurodéputé RN présent dans son sillage. Marine Le Pen l’a déjà dit, ce haut-fonctionnaire occupera un ministère d’État à la Mer et à l’Outre-Mer, si d’aventure elle devait accéder à l’Élysée. Preuve de la priorité qu’elle entend accorder à tous nos territoires ultra-marins, qui font de la France la seule nation universelle du globe. Un atout magistral et peut-être décisif dans le siècle qui s’avance.

Lors d’un meeting en plein air dans les rues de Mamoudzou, « MLP » s’élance au micro, devant une foule parée des couleurs de la patrie. « J’ai vu que l’Union européenne avait financé le réseau d’eau à Gaza. On aurait bien aimé, nous aussi, avoir un financement de l’Union européenne pour réparer, moderniser, améliorer le réseau d’eau, ici, à Mayotte ! ».

« Mayotte est française et le restera à jamais ! »

Loin d’une simple visite de courtoisie, la candidate s’est élancée dans un véritable tour de « l’île hippocampe », visitant ici les pêcheurs, plus loin une ferme modèle. Amoureuse comme on le sait des animaux, la candidate semblait passionnée par sa rencontre avec les zébus, qu’elle caressa durant de longues minutes, tout en écoutant l’exposé de l’agricultrice qui la recevait.

Toujours parée de l’habit local, Marine Le Pen acheva son séjour mahorais par un grand meeting à Ngwézi, dans une superbe clairière luxuriante. Là encore, la rebelle fustige le pouvoir en place, qu’elle rêve de renverser par les urnes : « Emmanuel Macron est allé accorder 150 millions au président des Comores, qui pourtant venait de dire que Mayotte n’était pas française. Cette injustice-là, elle est insoutenable ! ». Avant de se retirer, la candidate réitère son grand slogan : « Mayotte est française et le restera à jamais ! ». L’auditoire applaudit à tout rompre et tout le monde chante La Marseillaise.


Les perles de la politique

MLP : l’hommage aux « chatouilleuses » · Lors de son déplacement mahorais, Marine Le Pen a eu l’occasion de déposer une gerbe devant la plaque commémorative célébrant les « chatouilleuses ». Il s’agit de ces citoyennes mahoraises qui décidèrent de soumettre à des « chatouilles » les hommes politiques favorables à la cession de Mayotte aux Comores, autrement appelés les « serrez-la-main », dans les années 60 et 70. Un moyen de résistance pacifique et profondément féministe. Même si parfois, ces femmes ne se contentaient pas de chatouilles… Le 13 octobre 1969, la garde comorienne assassinait Zakia Madi, l’une de ces résistantes.

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