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En 2020, la crise covid a été un coup fatal porté à toute la profession de l’événementiel. Que ce soit dans l’univers professionnel du B to B ou pour les festivals, le monde a basculé et l’effet a été bien plus durable que le temps du confinement qui a mis un secteur à l’arrêt total. En effet, les années suivantes ont profondément bouleversé les pratiques, entre événements « mixtes » (qui proposent du présentiel et du distanciel), webinaires et restrictions sur les coûts de déplacement…
2026 va-t-il sonner la fin de cette ère « post-covid » ? Les chiffres semblent en tout cas donner raison à cette théorie. Dans le secteur du transport déjà : que ce soit sur le trafic domestique en train en France (qui a connu son record historique en 2025 et devrait encore connaître un pic en 2026) ou dans l’aérien au niveau mondial qui bat le même type de records. Une année marquée par la Coupe du monde de football en Amérique du Nord, qui devrait encore accentuer cette tendance, malgré la flambée des prix du pétrole au premier semestre et les tensions dans le Golfe, qui ont enrayé cette dynamique de manière conjoncturelle.
Cette frénésie de déplacements est accentuée du côté des loisirs par un phénomène que personne n’avait vu venir : ce sont désormais les spectateurs qui se déplacent pour assister à un événement et non plus la star qui se rend dans le pays de ses fans. Le phénomène s’accentue avec la flambée des prix des lives aux États-Unis : bon nombre d’Américains sont par exemple venus voir Taylor Swift ou Beyoncé en Europe car le prix du billet d’avion remboursait largement le surcoût. Mais le prix n’est pas le seul facteur : pour les artistes, être en résidence est moins compliqué, moins fatigant et plus rentable. J’en veux pour preuve Céline Dion qui a programmé une série de concerts à Paris et invite le monde entier à venir la voir dans la capitale (après avoir fait monter les enchères entre plusieurs villes en coulisse).
Dans le B to B, on assiste à un phénomène similaire. Les grand-messes de la tech, à San Francisco comme à Las Vegas, rassemblent des professionnels du monde entier. La dernière édition de VivaTech, qui s’est tenue en juin à Paris, bat des records d’affluence et s’est même payée le luxe de remplir les Champs-Élysées pour ses dix ans.
À un niveau plus modeste, j’ai organisé le lancement de mon dernier ouvrage Les dessous du marketing et de la communication juste avant l’été et j’ai été surpris de recevoir 200 confirmations d’inscription – un record – pour un événement où j’avais une centaine de places. J’ai donc dû fermer les inscriptions bien avant la tenue de l’événement.
Cet engouement montre un besoin de se retrouver, que ce soit pour faire du networking, mais aussi pour échanger au-delà du contenu « balisé » d’une intervention. Être là physiquement, c’est faire partie d’une communauté, évoquer des peurs ou surmonter des difficultés ensemble dans un moment où les métiers – à grands coups d’IA – se virtualisent.
En revanche, cela a profondément changé la nature des événements que l’on organise : finies les tables rondes et les keynotes, il faut désormais créer de nouveaux formats permettant de répondre à ces attentes de coprésence. Je privilégie par exemple les échanges horizontaux, les speakers étant là plutôt pour guider la parole que pour délivrer un message. Je recommande également des petits groupes, des ateliers de travail qui vont briser la glace et permettre à chacun de partager ses convictions mais aussi ses doutes. Et même si la présence est essentielle, la médiatisation « live » permet de créer une frustration positive qui assure le succès de l’événement.
Enfin, pour moi, l’événement est réussi si chacun repart en ayant fait une moisson de rencontres, enrichi sur le plan professionnel et, bien sûr – cela fait partie intégrante de la convivialité – nourri physiquement.
Alors, on se retrouve quand ?































