Temps de lecture estimé : 2 minutes
Nouvelle identité, nouveaux magasins, nouvelles gammes : Cathy Collart Geiger, sa directrice générale, accélère la transformation de l’enseigne bicentenaire.
En 1822, à Paris, Louis Nicolas a une intuition qui va bouleverser le commerce du vin. À une époque où celui-ci s’achète encore principalement en fût, il propose de le vendre en bouteille, prêt à être dégusté chez soi. Le succès est immédiat : trois dépôts ouvrent dès la première année. Sous l’impulsion de son fils Étienne, l’entreprise se développe et compte plus de quarante succursales à la fin du XIXe siècle.
Nicolas construit aussi sa légende grâce à une communication inventive. En 1922, l’illustrateur Dransy crée Nectar, un livreur moustachu portant trente-deux bouteilles. Devenu l’emblème de la marque, il accompagne son essor. Dans les années 1930, Nicolas possède déjà plus de 275 magasins. L’enseigne continue ensuite d’innover, en popularisant le beaujolais nouveau, les coffrets cadeaux ou ses propres gammes de vins. Passée sous le contrôle du groupe Castel en 1988, elle reste un grand nom du commerce spécialisé.

Mais une institution bicentenaire ne peut vivre uniquement de son héritage. Confrontée à la baisse durable de la consommation de vin, à l’évolution des goûts, au digital et à de nouvelles formes de concurrence, l’enseigne devait retrouver de l’élan. Arrivée à sa tête en 2025, Cathy Collart Geiger a engagé une transformation profonde sur cinq ans.
Après avoir exploré les archives, rencontré cavistes, fournisseurs, clients et non-clients, elle a choisi de renouer avec les racines de l’entreprise en faisant de Nicolas « Maison Nicolas », avec la signature « Source de convivialité depuis 1822 ». Ce changement d’identité n’est que la partie visible d’un projet à 360 degrés : connaissance des clients grâce à la data, programme de fidélité, évolution des gammes vers le sans-alcool et de nouveaux formats, refonte des magasins, amélioration de l’accueil et valorisation du rôle des cavistes.
Son ambition est claire : réveiller une « belle endormie », reconquérir les clients et faire entrer cette maison historique dans une nouvelle époque sans renier son passé.
































