La sauvegarde : un traitement préventif contre la chute

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Anne Baron, directrice générale de l’association Les Rebondisseurs Français.
Anne Baron, directrice générale de l’association Les Rebondisseurs Français.

Une chronique signée Anne Baron, directrice générale de l’association Les Rebondisseurs Français.  

Chaque chef d’entreprise connaît ces signaux faibles que l’on préfère parfois ignorer : une trésorerie qui se tend, des clients qui paient en retard, un carnet de commandes qui se vide plus vite qu’il ne se remplit… Rien de catastrophique, mais une impression de ne pas être dans son assiette. Et comme dans toute pathologie, plus on attend, plus le diagnostic s’aggrave.

La procédure de sauvegarde s’adresse justement à ceux qui sentent que la santé de leur entreprise vacille — mais avant d’être malade comme un chien ou que le pronostic vital ne soit engagé. Elle s’applique aux structures qui ne sont pas encore en cessation de paiements, et qui anticipent des difficultés à venir. Un outil encore trop peu prescrit, et pourtant redoutablement efficace pour éviter l’hospitalisation d’urgence.

Prescrire le bon traitement à temps

Concrètement, entrer en procédure de sauvegarde permet de geler le passif, de protéger l’entreprise des créanciers, et d’élaborer un plan de continuation sur plusieurs années. Le chef d’entreprise conserve les commandes, mais bénéficie d’un accompagnement juridique et d’une protection pour restructurer son activité.

Un peu comme un traitement de fond : il ne guérit pas d’un coup, mais donne le temps et les moyens de se réorganiser en profondeur, avant que les symptômes ne deviennent irréversibles. Et contrairement à certaines idées reçues, cette procédure n’est pas réservée aux grands groupes : elle peut s’appliquer à des PME, des indépendants, des TPE… à condition de ne pas attendre l’urgence.

Reprendre des forces pour repartir

Dans les faits, beaucoup d’entreprises sortent de cette procédure en ayant repris du poil de la bête. Allégées d’une partie de leurs dettes, recentrées sur leur cœur de métier, mieux structurées dans leur pilotage : ce remède de cheval peut leur éviter d’attraper la mort et leur permettre de faire le plein de vitamines. Encore faut-il agir à temps, s’entourer des bons spécialistes, et oser franchir la porte du tribunal… avant que ce ne soit lui qui vienne frapper à celle de l’entreprise.

Il est temps de changer le regard sur la sauvegarde : ce n’est ni un échec, ni une honte, mais une décision de gestion préventive. Un acte de responsabilité. Un rebond par anticipation.

Un outil à faire connaître, à valoriser, à activer avant d’avoir une fièvre de cheval. Car oui, il vaut toujours mieux prévenir que guérir.

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