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Les réseaux sociaux – et notamment LinkedIn – ont changé sa vie. Après avoir connu la pauvreté, le harcèlement, les galères… Dorith Naon est aujourd’hui une femme épanouie qui écrit les publications des dirigeants d’entreprises. Tatouée sur tout le corps, défenseure de la cause LGBT+, l’influenceuse parle aujourd’hui inclusion et diversité, et d’autres sujets sociétaux dans son média, «Check le média».
On ne part pas toutes et tous avec les mêmes chances de réussir. Et au regard de son enfance, peu de gens auraient pu parier sur le succès de Dorith Naon.
« Ma mère allait aux Restos du Cœur, et on s’habillait auprès d’associations. Mon enfance ? un HLM de 18 étages à Alfortville où le feu dans les poubelles était devenu routine. Je partageais une chambre avec ma sœur, et l’on dormait sur un matelas à même le sol », nous confie la jeune femme. Pas de modèle évidemment. Pas de grandes ambitions, malgré l’amour des livres, du dessin et du football.
La misère serait-elle moins pénible au soleil ? La famille déménage sur la Côte d’Azur, et à vrai dire, c’est plutôt l’adolescente qui se charge d’éplucher les annonces du site Leboncoin pour trouver un logement. À ses 18 ans, Dorith Naon est mise dehors par sa maman, elle est alors prise en charge par un foyer de jeunes sans abri à Nice.
Un post qui a tout changé
Dorith Naon le sait, elle devra forcément en faire plus que les autres pour remettre sur les rails un destin bien mal embarqué.
Forcée à la résilience, elle devient vendeuse en librairie à 19 ans. Et tant pis pour ses études d’information-communication, évidemment plus la priorité. S’ensuivent de nombreux jobs « alimentaires », plus ou moins bien payés : de la vente, de l’administratif notamment.
« C’est déjà bien d’avoir un travail, certes. Mais je ne fais pas ce que j’aime, j’ai envie d’autre chose. Alors je postule dans la communication. Que des refus sur plusieurs centaines de candidatures ! », raconte-t-elle. Écrire, c’est sa passion – elle qui était à la tête de plusieurs Skyblogs. Mais sans doute trop peu pour les recruteurs qui se penchaient sur son CV – ou les outils d’IA qui l’analysaient.
Sans diplôme, pas simple de susciter de l’intérêt en France…
… Alors mieux vaut prendre le taureau par les cornes. Comprenez écrire un post sur le réseau professionnel LinkedIn !
Au bout d’un mois, en 2021, la mayonnaise prend rapidement. « Un de mes premiers posts a été viral : 2 millions de vues, 23 000 likes. Et surtout 200 propositions d’emplois ! Dans cette publication, je disais qu’il ne fallait pas juger un candidat sur son apparence, mais sur ses compétences et son savoir-être. Créer sa marque personnelle sur LinkedIn fait gagner un temps précieux, car ce sont les recruteurs qui viennent à toi et non l’inverse », remarque celle qui devient un aimant à employeurs.
S’amuser et être libre
Après quelques mois passés au poste de directrice communication, l’influenceuse a compris qu’elle pouvait voler de ses propres ailes. Place au ghostwriting. Concrètement, l’experte de LinkedIn écrit les posts des CEO sur les réseaux sociaux, et ce sont eux qui la sollicitent !
« Ce n’est pas un secret, j’écris notamment les posts d’Éric Plat, le PDG d’Atol Les Opticiens […] Parfois ce sont aussi des solopreneurs qui viennent me voir ».
Grâce à ses activités – des conférences et formations LinkedIn en plus des posts – l’entrepreneure a acheté un appartement, comme pour mettre fin à sa plus grande angoisse : manquer d’un toit sur la tête.
Libre, elle porte depuis 2024 la casquette de journaliste à travers « Check le média », son média. « Je reçois des artistes, des humoristes, des entrepreneurs. Des gens que j’admire, c’est une chance de pouvoir les rencontrer », se réjouit celle qui a échangé avec Yaël Braun-Pivet, Elisabeth Moreno, Eric Larchevèque, Salomé Saqué ou encore Christophe Beaugrand.
Inclusion, diversité, management toxique, santé mentale, GPA… « Je n’ai pas de barrière, tous les sujets de société y passent ». Ses projets ? acheter un deuxième appartement et écrire un spectacle pour, peut-être un jour, s’essayer au stand-up – même si le « par cœur » la repousse. Ses rêves ? recevoir dans son média Orelsan, Aya Nakamura ou Angèle.
GEOFFREY WETZEL ET JEAN-BAPTISTE LEPRINCE































