Anthony Babkine, l’égalité des chances comme priorité nationale

Temps de lecture estimé : 2 minutes

« Connaissez-vous le pourcentage de Français qui estiment vivre dans un pays où chacun a réellement sa chance ? 10 % seulement !* », regrette Anthony Babkine.
Que ce soit avec Diversidays ou le premier festival dédié à l’égalité des chances – Uniques – qui s’est tenu en mai dernier, l’entrepreneur social a fait de la diversité et l’inclusion son cheval de bataille. Pour que tous puissent accéder à ce qu’ils aspirent.

Dans un pays où l’origine sociale reste le premier facteur de réussite scolaire, Anthony Babkine, comme nombre de Français, était condamné à en faire beaucoup plus que les autres pour réussir.

« J’ai grandi dans le quartier Jean Rostand à Évry-Courcouronnes (Essonne, ndlr) au sein de la petite classe moyenne », nous confie Anthony Babkine. S’ensuit un parcours scolaire chaotique avec notamment deux redoublements, « l’école ne fait guère de place à ceux qui ne rentrent pas dans le moule […] Le problème c’est qu’en France le diplôme conditionne votre avenir », défend-il. Alors le jeune homme s’accroche, ses parents et quelques professeurs l’encouragent. Des associations de quartier l’accompagnent, à l’instar de la maison de quartier où deux étudiants sénégalais et togolais lui donnent des cours de soutien : « Grâce à cela j’ai obtenu mon bac mention rattrapages ! », sourit Anthony Babkine.

Un choc social comme déclic

« Transclasse » comme il se définit, Anthony Babkine parvient à intégrer une école de commerce publique, l’IMT Business School, « le seul habitant d’Évry à intégrer l’école sur 300 à l’époque » alors que celle-ci se situe dans l’Essonne. La fracture sociale est là.

Notre électron libre la retrouve au Celsa, et lors de ses premiers postes à responsabilités, où il faut être « corporate », pas simple pour celui qui n’avait pas les codes. Alors directeur général adjoint pour une agence conseil en communication (TBWA), il observe un manque criant de diversité et de mixité, constat partagé par son amie Mounira Hamdi (alors en poste chez Orange), qu’il rencontre sur les bancs de l’enseignement supérieur.

Naissent alors un cycle de conférences, le « LabCom » (en 2011), puis des Trophées pour les femmes dans le digital avec TF1 (en 2014). Avant la création de Diversidays : une association nationale d’égalité des chances dans la tech. Et ce pour faire du numérique l’ascenseur social du XXIe siècle !

Des programmes existent, des baromètres et études, de l’information pour ouvrir les portes à toutes et tous, susciter des carrières jusqu’alors inenvisagées.

Un festival pour aller encore plus loin

« Les femmes, les plus modestes, les jeunes ruraux et des quartiers, les personnes en situation de handicap, les seniors… ce sont toutes ces catégories de la population qu’il faut réunir », estime Anthony Babkine. La France tout simplement, dans toute sa diversité.

Il devient alors l’un des grands artisans, avec France Travail, du festival Uniques, dédié à l’égalité des chances, qui s’est déroulé partout en France et à Paris (Parc floral) en mai. « On ne fait que parler des problèmes, mais les solutions existent, c’est tout l’intérêt de ce festival que de valoriser tout ce qui fonctionne en matière d’égalité des chances […] Plus de 20 000 participants ont répondu présents, 300 associations, 120 artistes, des entreprises engagées aussi », se réjouit Anthony Babkine.

Plusieurs années de boulot pour une parenthèse enchantée. Mais une parenthèse qui doit durer. « Ce festival doit devenir un rendez-vous incontournable au même titre que le Téléthon », espère-t-il.

Les raisons d’y croire pour que chacun trouve sa place sont nombreuses. « Il faut être optimiste […] Les solutions sur le terrain existent, mais le doute vient du politique », pointe Anthony Babkine. C’est pourquoi à l’issue du festival une grande consultation publique, sur le site Internet, sera mise en place, et des recommandations seront faites au plus haut sommet de l’État.

« L’égalité des chances doit devenir une priorité nationale ». On peut faire confiance à Anthony Babkine pour qu’elle le devienne, vraiment.

Geoffrey Wetzel

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.