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Après douze années à exercer en tant qu’ostéopathe, Amandine Paillasse se lance dans l’aventure entrepreneuriale… en marqueterie bois et paille ! Un changement de carrière qui coïncide avec le diagnostic d’un trouble du déficit de l’attention (TDAH). Moins de deux ans après la création de son entreprise, elle a déjà remporté deux prix aux Trophées h’up 2025.
Un sourire contagieux. C’est ce qui frappe en premier quand on rencontre Amandine Paillasse. « Ma joie de vivre est une force dans mes échanges avec les autres. Elle m’ouvre des portes. »
Bonne élève, Amandine grandit en Mayenne où elle multiplie les activités : sport, musique, dessin… « J’ai toujours aimé apprendre de nouvelles choses et transmettre ce que je savais. » Petite, elle ne rêve pas de devenir vétérinaire ou chanteuse mais dresseuse de dauphins, océanographe et guérir le cancer !
Sa seule frustration ? qu’une journée ne dure que 24 heures. Curieuse de tout, elle hésite entre l’ostéopathie ou le design pour ses études supérieures. Ce sera la première option. En 2010, elle installe son cabinet à Mayenne qu’elle quittera douze ans plus tard, au moment de lancer son entreprise de marqueterie.
« Je comprends mieux pourquoi j’ai cinq to-do list »
En 2023, troublée par certaines de ses réactions, elle consulte une professionnelle de santé. Le verdict tombe : Amandine est TDAH. Un trouble dans lequel la jeune femme ne se reconnait pas. « J’avais l’image d’un petit garçon qui saute partout et qui a des difficultés scolaires. »
Après quelques recherches, « je comprends mieux pourquoi j’ai cinq to-do list, que je classe mes vêtements dans des boites et que je prépare mes affaires la veille ». Sans le savoir, elle a déjà adapté son quotidien à son TDAH.
La marqueterie : au-delà du métier, un engagement
Amandine fait partie de cette génération qui sait qu’elle exercera plusieurs métiers au cours de sa vie. « Quand je me suis installée comme ostéopathe je savais qu’un jour je ferai autre chose. » De nature manuelle, elle s’oriente vers l’ébénisterie et en apprend plus sur la marqueterie de bois : un décor sur lequel on assemble des pièces, « un peu comme un puzzle ».
Une reconversion professionnelle pourrait en effrayer plus d’un. Pas Amandine. « On m’a dit que j’avais du courage mais je ne l’ai pas senti comme ça. Je suis cartésienne, je me suis renseignée sur le métier, et c’est parti, je fonce ! »
En juin 2023, Amandine décroche son CAP marqueterie. Après six semaines de formation à la création d’entreprise et un stage, elle crée sa société Amandine Paillasse – Marqueterie Bois et Paille.
Son objectif n’est pas seulement de vendre sa marqueterie. Elle enseigne son savoir-faire à des étudiants plusieurs fois par semaine, avec cet esprit de transmission qui rythme son quotidien. Amandine est très attachée à son territoire, la Mayenne, ses créations s’inscrivent dans une démarche d’économie durable.
« J’ai toujours entendu qu’en Mayenne il n’y avait rien, qu’au nord c’est encore pire. Alors, sur ma carte de visite j’ai mis “nord-Mayenne”. » Comme un pied de nez. Parce que si l’entrepreneure sourit beaucoup, elle affiche une détermination sans faille.
Ses engagements lui ont valu de remporter les prix de l’entrepreneur créateur et celui du public aux Trophées h’up entrepreneurs le 1er décembre. « C’est important car l’entrepreneuriat artisanal n’est pas toujours bien compris. Ces récompenses sont aussi un moyen de gagner en légitimité ».
LISA BEGOUIN
































