Temps de lecture estimé : 2 minutes
Une signature et tout s’écroule, Nike dégringole en Bourse. La faute à… Kylian Mbappé. Voilà la fin d’une belle histoire, avec un partenariat qui prend fin. Et une nouvelle signature qui remue le monde du football, voire du sport tout entier. À la place de la célèbre marque américaine, l’athlète français donne sa confiance à On pour un partenariat de dix ans.
Le 18 septembre, c’est la fin de la relation entre Kylian Mbappé et son équipementier Nike. « Il y a des décisions qui sont plus difficiles à prendre que d’autres », confie-t-il sur Instagram. Pourtant, après 20 ans, le voilà décidé à tracer un tout nouveau chemin. Coup dur pour la marque ? Ou opportunité pour un joueur qui voit grand ?
La fin d’une belle histoire ?
Non, Mbappé n’a ni été jeté dehors, ni assisté à un drame interne. C’est un contrat qui arrive à expiration qui pousse l’athlète à se réinventer. Il signe, à la place, chez On, marque suisse spécialisée dans le running, lancée en 2010. « C’est l’opportunité de bâtir quelque chose d’inédit pour façonner le football de demain ». Ici, tout est à refaire. Rien n’est mis à la disposition du joueur dès maintenant. Il devra attendre quelques semaines pour tester les premiers modèles de crampons… qui ne seront commercialisés qu’en 2027.
Nike, c’était aussi une histoire remplie de bons souvenirs : « Aujourd’hui, après vingt années ensemble, nos chemins se séparent. Mais une histoire comme celle-là ne s’efface pas parce qu’elle s’arrête ; elle fait partie de moi. » Un au-revoir qu’il a partagé sur son compte Instagram. « Nous avons créé des chaussures qui racontaient mon histoire, mes rêves, mes origines ; et l’une des choses dont je suis le plus fier, c’est de les avoir vues ensuite aux pieds de millions d’enfants ». Mais toutes les belles choses ont une fin.
Et si le montant de la rémunération financière de ce partenariat n’a pas été annoncé, on imagine déjà la place que peut prendre la star française chez On. « Je veux apporter mon expérience et ma perspective dans ce que nous créons, pousser ce qui est possible grâce à l’innovation, et rester toujours fidèle à la joie du football. Nous avons un rêve commun, et ce n’est que le début », déclare-t-il dans un communiqué.
Le pari des sponsors
À première vue, Kylian Mbappé avait tout d’un pari gagnant. Alors que Nike fait face à une concurrence importante avec Adidas et Puma, elle gardait sa place de grand numéro 1 grâce à sa star mondiale du football. Aujourd’hui, tout pourrait changer. Un pari qui tombe alors à l’eau, alors que le groupe avait repéré le joueur très tôt… dès ses 7 ans ! Se doutaient-ils à ce moment qu’ils signaient l’affaire du siècle pour le football français, et mondial ? En tout cas, « On » en a aujourd’hui conscience.
Si Nike peut encore se vanter d’avoir Erling Haaland ou Vinicius Junior dans ses rangs – et d’avoir eu, lors de leur apogée, Cristiano Ronaldo, LeBron James, Serena Williams ou Michael Jordan – son historique étonne. La marque a perdu Neymar en 2020, parti chez Puma, n’a pas su convaincre Ben Shelton en 2024. Pire encore, le tennisman américain choisit, lui aussi… de rejoindre On. Le groupe suisse marque, justement, des points avec ses têtes d’affiche. Il compte dans ses rangs Roger Federer, actionnaire depuis 2019, Thierry Henry, comme directeur du football, Sydney Schertenleib, internationale suisse et joueuse du FC Barcelone, ou Iga Swiatek, ex-numéro une mondiale de tennis…
Tout a une fin ? C’est presque l’impression donnée par les chiffres de Nike, qui a sévèrement chuté en Bourse. Voilà le groupe sorti du S&P 100. Lui qui a clôturé à 38,40 dollars début septembre, contre un record à 177,51 dollars en novembre 2021. Une chute de 78 % qui interroge sur la santé du groupe. Entre la concurrence accrue, le manque d’innovations et le départ de sa vedette du football, la marque fait peut-être face à un tournant. Peut-être, mais sans pour autant être fataliste. Nike reste l’équipementier sportif le plus connu et réalise toujours 46,4 milliards de dollars (40 milliards d’euros) de chiffre d’affaires. La preuve que le marché des sponsors est, aussi, en mouvement et peut vaciller. Même en s’appelant Nike.






























