Du 6 au 22 février sont organisés les Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina.
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La flamme se rallume cette année en Italie. Du 6 au 22 février sont organisés les Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina. Après des Jeux de Paris très critiqués, mais surtout très réussis en 2024, à quoi s’attendre ? En termes de dépenses, médiatisation et évidemment de sport ? 

Vous n’avez pas rêvé, les Jeux ont bien débuté. Si la cérémonie d’ouverture était bien programmée ce 6 février, les premières épreuves ont été lancées dès le 4 février avec le curling. Cette année, l’Italie – qui organise les troisièmes Jeux de son histoire, après 1956 et 2006 – accueille 2 900 athlètes de 93 pays, et 665 athlètes pour les Jeux paralympiques qui se dérouleront du 6 au 15 mars. Au total, 16 disciplines sont représentées, avec le petit nouveau du groupe : le ski alpinisme. 

Entre business et rentabilité : quand la réalité rattrape l’événement 

Les organisateurs les présentaient comme les Jeux « les moins chers de l’histoire », mais il a fallu quelque peu revoir la copie. Ils annonçaient un budget de 1,55 milliard d’euros en 2019… pour un total finalement de 5,2 milliards d’euros ! Il comprend 3,5 milliards destinés aux travaux et constructions, et 1,7 milliard pour l’organisation. Un pas de géant qui a alimenté les critiques. Ces chiffres restent pourtant loin du budget de Pékin en 2022, avec un total de 8,7 milliards de dollars (plus de 7,3 milliards d’euros). Si les Jeux d’hiver ne disposent pas de la même rentabilité que les Jeux olympiques, ils affichent toutefois des sponsors clés : Airbnb, Alibaba, Allianz, Coca-Cola, Corona, Deloitte, Omega, Procter & Gamble, Samsung, TCL et Visa. Et au total, les organisateurs ont vendu plus de 1,5 million de tickets pour les Jeux olympiques et les paralympiques. 

Les médias profitent une nouvelle fois de cet événement sportif. France Télévisions obtient 15 heures de direct quotidien, réparties sur trois de ses chaînes, ainsi qu’une chaîne numérique supplémentaire. RMC, aussi, propose une antenne continue de 9 h à 23 h. Et elles sont concurrencées par Eurosport qui propose un service payant avec une couverture intégrale. Côté réseaux sociaux, il n’est pas question de rater l’opportunité d’attirer une nouvelle audience plus jeune. Discovery et TikTok ont donc signé un partenariat stratégique, afin de proposer des vidéos dans un format court tout le long de la compétition. 

Mais pas de Jeux sans son lot de critiques ! Et la première journée a déjà fait parler d’elle. Une panne d’électricité a surpris les athlètes pendant l’épreuve de curling, quelques minutes après son lancement. Réglée en quelques minutes, elle fait tout de même écho aux importants travaux dans le viseur des critiques. 60 % de ces travaux risquaient de ne pas être achevés à temps, notamment des aménagements routiers et ferroviaires, d’après une étude de l’association Libera, publiée par Franceinfo à un mois du lancement des Jeux. Et même s’ils sont maintenant en marche, il reste toujours un fond de critiques.

Les Jeux de la parité ? pas encore ! 

Cette année, les Jeux d’hiver comptent la plus grande délégation de son histoire, avec 162 athlètes (contre 116 athlètes en 2014, le précédent record), grâce à la qualification de ces deux équipes de hockey sur glace. Mais la parité, elle, n’est toujours pas au rendez-vous, avec 44,4 % de femmes.

Plus qu’un manque d’athlètes… Les femmes du combiné nordique regrettent encore d’être absentes aux Jeux. La raison ? « Cela ne remplit pas les critères d’universalité. C’est très intéressant pour nous, les pays européens. Mais en dehors de l’Europe, on ne trouve pas vraiment d’athlètes pratiquant ce sport », a déclaré Karl Stoss, président de la Commission du programme olympique, à RMC Sport. Son inclusion dépend aujourd’hui « d’une évolution positive significative, notamment en ce qui concerne la participation et le public », explique-t-il. Pourtant, les hommes participent bel et bien aux Jeux depuis sa première édition en 1924. Les femmes peuvent toutefois se réjouir de participer à la Coupe du monde depuis 2020… Soit 37 ans après les hommes. 

Et si les Jeux constituent une aubaine d’un point de vue sportif, ils peuvent aussi être une contrainte financière pour beaucoup. Comme pour les athlètes féminines de hockey sur glace – qui participent cette année à leurs premiers Jeux. Parmi ces athlètes en France, seules trois parviennent à vivre de leur sport : Estelle Duvin, Clara Rozier et Chloé Aurard-Bushee, toutes dans des clubs en Suisse. Les Jeux sont un rêve coûteux : « Je suis obligée d’avoir des boulots alimentaires à côté. Cet été, j’ai garé des voitures pour Audi. J’ai quelques aides pour les sportifs olympiques, j’ai ouvert une cagnotte en ligne et le département du Tarn m’a versé une bourse mais j’ai longtemps été ric-rac financièrement », explique Lore Baudrit, capitaine de l’équipe de France, à France Bleu

C’est un rêve olympique, les pieds sur terre, pour nos Français cette année. Avec un record de 15 médailles (2014 et 2018) à battre, la France sait qu’elle peut briller à Milano-Cortina. Rendez-vous sur la glace. 

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