Apprendre à rebondir : une leçon d’avenir

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Anne Baron, directrice générale de l’association Les Rebondisseurs Français.
Anne Baron, directrice générale de l’association Les Rebondisseurs Français.

Apprendre à rebondir, ce n’est plus une utopie. C’est un investissement. Et c’est, plus que jamais, une nécessité. Une chronique signée Anne Baron, directrice générale de l’association Les Rebondisseurs Français. 

Il y a quelques années, parler d’échec en classe relevait presque du hors-sujet. Aujourd’hui, c’est devenu un enjeu d’utilité publique.

Il y a quelques jours, sur la scène de la troisième Journée nationale du rebond entrepreneurial, un tabou s’est fissuré : celui de l’échec – et du rebond – à l’école. Pas l’échec scolaire. L’échec tout court. Celui qui fait partie de la vie, de nos vies, et qu’il est urgent d’apprendre à reconnaître, à décoder, à dépasser.

Casser les codes, pas les élèves

Pendant longtemps, l’école a récompensé la bonne réponse, le parcours sans rature, les copies sans faute.

Mais dans un monde qui change plus vite que les programmes, apprendre à tomber devient aussi important que viser un 20/20 !

Car la réalité de demain – et même d’aujourd’hui –, c’est l’incertitude, les virages imprévus, les parcours qui dérapent ou bifurquent. La linéarité n’est plus d’actualité.

Échouer, recommencer, s’adapter : voilà les vraies leçons de vie qui sont encore trop rarement enseignées et qu’il serait temps d’intégrer dans les cartables.

Grâce au kit pédagogique du rebond conçu et déployé par Les Rebondisseurs Français dans plusieurs écoles post-bac (BTS, IUT, écoles de commerce ou d’ingénieurs, etc.), on ne parle plus seulement de business plans, mais aussi de plans B (voire C, D et même au-delà !).

On n’évalue pas des compétences théoriques, mais on développe des réflexes utiles – relationnels, émotionnels, décisionnels.

On n’encourage pas uniquement la réussite, mais aussi la capacité à anticiper et à faire face quand tout ne se passe pas comme prévu.

Rebond : matière à réflexion… et à action

À travers ces ateliers qui sortent (un peu) du cadre, les étudiants écoutent des témoignages d’entrepreneurs-rebondisseurs qui ont traversé des difficultés, pour certains chuté, mais surtout réfléchi, capitalisé sur leurs expériences puis rebondi. Ils parlent vrai, échangent sur du concret, questionnent et se rassurent parfois.

Ils passent un « test » pour identifier leur propre rapport à la difficulté.

Ils travaillent aussi en équipe sur des cas concrets, apprennent à poser un diagnostic, chercher des options, mobiliser un réseau, prendre du recul et décider.

En résumé, ils apprennent à ne pas rester seuls, à transformer le stress en mouvement, la peur en moteur et la difficulté en apprentissage.

Et qu’ils deviennent entrepreneurs ou non demain, ces jeunes repartent avec une boîte à outils… de vie !

Car ils savent désormais que l’échec n’est pas une fin, mais parfois un détour utile – voire créateur de valeur – que trébucher, ce n’est pas rater sa vie et qu’avoir confiance en sa capacité à se relever vaut bien plus que cocher toutes les cases d’un parcours sans faute.

Une compétence de vie, bien au-delà de l’entrepreneuriat

Le rebond, ce n’est pas juste une soft skill à mettre sur un CV. C’est une compétence humaine. Une posture. Une compétence clé utile à tous.

C’est savoir continuer à avancer ou se remettre debout après un désaccord, un burn out, un projet tombé à l’eau ou encore un virage mal négocié.

C’est comprendre qu’on ne contrôle pas tout – mais qu’on peut toujours décider de ce qu’on en fait.

En semant aujourd’hui les graines de cette culture du rebond auprès de nos étudiants, on prépare des adultes capables de traverser les épreuves de demain.

C’est un terreau fertile pour des salariés plus lucides, des managers plus humains, des entrepreneurs plus outillés.

C’est notre économie qu’on protège, en misant sur des générations capables d’avancer malgré les difficultés, de s’adapter, de réinventer.

Apprendre à rebondir, ce n’est plus une utopie. C’est un investissement. Et c’est, plus que jamais, une nécessité.

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