Simplifier
Bruno Le Maire. (Crédits : Shutterstock)

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« La simplification, c’est compliqué » – François Hollande

Pour en finir avec « la France des tracas », Bruno Le Maire déploie une pléiade de mesures. Objectif : simplifier la vie économique.

Devant la complexité, devant la bureaucratie, devant les lourdeurs et les lenteurs, devant ce qui n’avance pas, devant ce qui donne le sentiment permanent de l’impuissance politique… L’exaspération, en France, est profonde. Comme un grand soupir collectif. Où sont les services publics performants qui s’adaptent à notre quotidien ? Et le droit à la différence, accordé à chaque territoire ? Où est l’administration à visage humain, compréhensive et fraternelle, qui accorde le droit à l’erreur ?

Petite histoire de la simplification

Alors, on tente. L’État en viendrait presque à déposer des petites annonces : « Recherche simplification désespérément ». En 1969, on invente « le médiateur de la République », placé depuis en retraite anticipée. En 1983, Laurent Fabius et sa ministre Édith Cresson tentent de dynamiser une économie française laissée flagada par la cure socialisante de 1981… Ils dégainent une arme fatale, la Cosiforme (Commission pour la simplification des formalités des entreprises). Résultats : zéro. En 1998, Alain Juppé tente le coup de la COSA (Commission pour les simplifications administratives) et échoue à son tour dans les grandes largeurs. Nicolas Sarkozy n’a pas fait l’ENA et pense pouvoir instiller du bon sens dans l’organisation des choses. Il déploie une idée, a priori simple et efficace. Pour toute norme créée, deux autres devront être supprimées. Mais là encore, la bonne résolution s’évapore dans les limbes. Dans les bureaux, on ne suit pas.

François Hollande, après avoir fait subir à la France un « choc fiscal », tentera en 2016 le « choc de simplification ». « Monsieur petites blagues » en plaisante depuis, arguant que « la simplification, c’est compliqué ». Et ce n’est pas Thierry Mandon, son éphémère secrétaire d’État à la réforme de l’État et à la simplification, qui dira le contraire…

Les mesures du duo Le Maire/Grégoire

Bruno Le Maire et Olivia Grégoire nous promettent aujourd’hui un nouveau coup de boutoir du même style. Autant dire que scepticisme reste de mise. Et pourtant, les grands chantiers ouverts par les deux ministres sont intéressants. D’abord, la simplification de cette fiche de paie à laquelle plus personne ne comprend rien. Elle passera de « 55 à 15 lignes » d’ici à 2027. Objectif pour Bruno Le Maire : « faire apparaître le coût du modèle social français ». Un effort de transparence qui éclairera sans doute davantage le débat public.

Par ailleurs, tentons de résumer le bouquet de mesures que les deux ministres espèrent réunir dans une loi « Pacte 2 ». Les formulaires Cerfa seront supprimés à 80 % d’ici à 2026. Le code du commerce sera divisé par deux, afin de retrouver un caractère lisible. Pas moins de 26 millions de déclarations annuelles seront progressivement abolies, notamment celles que l’employeur doit remplir en cas d’arrêt maladie d’un salarié. 1 800 formulaires en tous genres seront également supprimés.

L’État, chose rare, va essayer de se remettre un tant soit peu en cause. Notamment en ce qui concerne l’accès à la commande publique, aujourd’hui borgésien et labyrinthique. Bercy veut créer « une plate-forme unique pour tous les marchés publics, pour l’État, les opérateurs, les hôpitaux, la Sécurité sociale ». Le fameux « guichet unique ».

Est-ce que l’administration suivra vraiment ?

Bruno Le Maire insiste : « Les chefs d’entreprise ne sont pas des bandits en puissance ». Et poursuit : « L’accumulation de paperasse représente, en moyenne, une charge de huit heures de travail par semaine pour un patron de TPE ou de PME, une journée de travail complète consacrée aux tâches administratives ».

Mais comme le confie à L’Opinion Louis Margueritte, député Renaissance de Saône-et-Loire et ancien du ministère des Finances, « c’est après le vote que tout commence ». En effet, il faudra s’assurer que l’administration se plie correctement aux usages nouveaux. Celle-ci aime bien faire les choses à son idée… En bref, avec les hommes de Bercy, c’est après la signature du contrat que la négociation commence vraiment.

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