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Licencier. Ce n’est pas l’acte le plus drôle dans la vie d’un patron. Mais comment faire autrement quand votre salarié « apprend à un apprenti à sniffer de la maïzena », « fait un salut nazi », « consulte un site pornographique au travail », « sort son sexe en réunion » ?

Ou encore ce salarié qui « obstrue volontairement les toilettes à l’aide de papier », « fait venir des dealers au bureau pour se réapprovisionner », « donne un coup de boule à un collègue » (hommage à Zidane ?), « enferme une collègue dans les toilettes », « externalise son travail en le confiant pour une somme dérisoire à un Chinois », « prétexte un AVC pour ne pas venir travailler », ou « se fait passer pour une femme sur Internet afin de piéger un collègue ». Autant d’histoires vraies qui constituent évidemment des drôleries, mais seulement en apparence. Dans la vraie vie, ces histoires sont autant de traumatismes inacceptables et navrants, car ils abîment les valeurs du monde de l’entreprise. Citons également, au titre des licenciements les plus loufoques, l’exemple de cette vendeuse en boulangerie qui plaçait des déchets en guise de fèves dans les galettes des rois, ou encore cette femme venant au bureau sans soutien-gorge… Mais avec un chemisier totalement transparent !

Insulter son patron au nom de la liberté d’expression : c’est possible sous certaines conditions

Un salarié a le droit d’être ennuyeux comme la pluie

Le juridique peut évidemment s’immiscer dans la vie de l’entreprise lorsqu’un patron pervers ou un salarié sadique décide de rendre la vie de bureau complètement impossible. Que faire par exemple lorsqu’un employé, pris de colère, décide d’insulter son supérieur hiérarchique ? Difficile de peser le pour et le contre, entre liberté d’expression et devoir de respect envers l’autorité.

La Cour de cassation est assez clémente : « Harceler son patron pour obtenir un avantage éventuellement indu, même en connaissance de cause, ou insister pour le faire changer d’avis, ou encore utiliser un ton polémique, irrespectueux, inadéquat au regard de la hiérarchie, ne sont pas des abus de la liberté d’expression qui justifieraient une sanction. Un licenciement est totalement nul si, parmi d’autres causes, il est fondé, même en partie, sur l’usage de la liberté d’expression. » Ainsi, la Cour d’Appel de Dijon considère le licenciement du salarié ayant publiquement qualifié son entreprise de « boîte de cons » nul et non avenu. C’est la liberté de parole !

Licencié car « pas assez fun », il fait condamner son ancienne entreprise

Récemment, un exemple de licenciement a fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit du cas d’un employé refusant de prendre part aux « afterwork » (sic) organisés par son entreprise. Interrogé par ses collègues, il fustige la culture dite « fun et pro » de son entreprise, laquelle semble confondre vie professionnelle et amicale. Le salarié évoque même « l’alcoolisation excessive » qui serait habituelle lors de ces événements.

La Cour de cassation lui donne raison et fustige « des pratiques humiliantes et intrusives dans la vie privée telles que des simulacres d’actes sexuels, l’obligation de partager son lit avec un autre collaborateur lors des séminaires, l’usage de sobriquets pour désigner les personnes et l’affichage dans les bureaux de photos déformées et maquillées ». Bref, le salarié en question a reçu pas moins de… 461 406 euros d’indemnités ! De quoi donner envie de tirer la tronche en open space ?

VALENTIN GAURE

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