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Pense ce que je dis et je te dirai qui tu es
Chaque semaine, nous mettons à l’honneur un concept, une expression, une théorie, un jargon… directement lié à notre quotidien : la vie de bureau ! Zoom sur l’effet Golem.
La difficulté pour un manager est sans doute de trouver les bons mots, les bons gestes pour rassurer et encourager son équipe. Certains ont besoin de plus d’attention que d’autres, c’est le principe même des relations humaines, chaque individu fonctionne différemment. Être à l’écoute et épauler ses collaborateurs, voilà un impératif à intégrer dans sa manière de manager.
Mais à l’inverse lorsqu’un collaborateur subit sans cesse des réflexions négatives sur son travail… cela a également un impact sur ses performances ! Au point qu’il puisse remettre en question ses qualités et qu’il se persuade qu’il est mauvais alors que ce n’est pas le cas. C’est ce qu’on appelle l’effet Golem. C’est une prophétie autoréalisatrice qui se traduit par le fait qu’un travailleur voit ses performances baisser en raison d’un manque d’estimation de son entourage. Dans le cas d’une entreprise, c’est le potentiel jugé comme inférieur par un patron qui détériore les capacités de travail d’un individu.
Le terme Golem vient de la mythologie juive qui est le nom d’une créature qui n’a ni parole ni libre arbitre. Ce phénomène a été théorisé dans les années 1960 par le psychologue Robert Rosenthal et par une directrice d’école, Lenore Jacobson. Leur étude a montré que des élèves dont la confiance n’avait pas été accordée par leurs professeurs avaient fourni moins d’efforts sur un projet et n’avaient pas en tête la réussite. Au contraire un autre groupe d’élèves soutenu par leurs professeurs avait eu de meilleurs résultats. Un constat qui peut aussi s’observer en entreprise.
Quelles répercussions en entreprise ?
Un manager qui va juger un employé comme plus faible aura tendance à le laisser de côté, à garder ses distances, à avoir moins de patience, en clair à faire en sorte qu’il se sente inférieur par rapport aux autres. Des actions qui pousseront sans nul doute à une perte de confiance en soi. Cela peut entraîner dans le même temps des répercussions directes sur la productivité de l’entreprise. En effet, lors des projets de groupe, un manager qui ne croit pas en son collaborateur sera dans une attitude froide, distante qui pourra mener à d’éventuels conflits.
De l’autre côté, le collaborateur aura tendance à se mettre la pression pour avoir l’approbation de son supérieur. Au sein d’une équipe, si aucune personne du groupe n’est soutenue, on constatera que la productivité de tous diminuera. Cela fonctionne comme un cercle vicieux, moins de confiance dit moins d’efforts et moins de productivité, baisse des compétences car elles ne sont pas sollicitées ni challengées et donc diminution de la performance générale de l’entreprise. Un climat propice aux erreurs vu que le collaborateur ne donne pas d’importance à la tâche à effectuer.
Comment se libérer de cette situation ?
Il convient de préciser que « l’auteur de l’effet Golem n’est pas conscient de ce qu’il fait et de son impact, sinon cela devient du harcèlement et de la manipulation », comme le précise Béatrice Millêtre, docteure en psychologie, pour Le Journal des Femmes. Une situation qui est différente du harcèlement et qui ne doit pas être traitée de la même manière. Pour de nombreux spécialistes du domaine, le plus simple n’est autre que de partir ou bien de discuter avec la personne concernée. Parce que rester dans un contexte semblable peut provoquer de graves répercussions sur sa santé mentale. Et pour une entreprise cela pourrait avoir une atteinte sur le fonctionnement de son business.
![[LE DÉBRIEF] « QVEMA » saison 6, épisode 1 QVEMA](https://www.ecoreseau.fr/wp-content/uploads/2026/01/QVEMA-credits-M6-218x150.png)





























