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Le nombre de personnes qui choisissent de placer une partie de leur épargne dans des actifs numériques ne cesse de grimper. En 2025, les estimations vont de 10% à 18% de la population adulte, selon la source. L’étude « Web3 et crypto en France 2025 », réalisée par l’association professionnelle Adan avec Deloitte et Ipsos, avance environ 5,5 millions de détenteurs.
Dans le même temps, un tiers de la population (33%) déclare vouloir acheter des cryptos en 2025, signe que l’adoption pourrait repartir dès que les conditions de marché s’amélioreront. En comparant avec l’enquête d’Adan publiée début 2024, on observe toutefois un léger recul.
À cette date, 12 % des adultes (6,5 millions) détenaient des cryptomonnaies, plaçant la France au même niveau que l’Allemagne et juste derrière les Pays-Bas (17%) et le Royaume-Uni (16%). D’autres méthodologies montent plus haut.
Le rapport international « Global State of Crypto 2024 » de Gemini évoque 18% de propriétaires dans l’Hexagone, attribuant ce bond à la montée des ETF Bitcoin en Europe et à un climat réglementaire jugé plus sûr. Même les travaux les plus prudents, comme ceux de l’Observatoire AMF-OCDE qui relevait 9,4 % d’utilisateurs en 2023, pointent une trajectoire de croissance sur le quinquennat.
Le message reste clair : la base de détenteurs peut fluctuer, l’intérêt, lui, ne faiblit pas, il se redistribue simplement entre profils et produits. D’où la question quelle crypto acheter aujourd’hui, de plus en plus présente en France. Face à un marché foisonnant, le public cherche à savoir non seulement quelle pièce choisir, mais aussi pour quelles raisons.
Pourquoi les statistiques divergent-elles ?
La première explication tient au critère de « possession ». Certaines enquêtes, comme celle de Gemini, comptent toute personne ayant détenu des cryptos dans les douze derniers mois, même brièvement. À l’inverse, l’étude Adan ne retient que ceux qui sont encore positionnés au moment de l’entretien. Cet écart méthodologique suffit à expliquer la fourchette de 10 à 18%.
La deuxième raison se joue dans le canal d’échantillonnage. Les sondages en ligne atteignent surtout des jeunes passionnés, surreprésentant les investisseurs assidus. Les enquêtes téléphoniques ou en face à face, comme celle d’Ipsos-Adan, touchent des profils plus prudents, ce qui baisse le pourcentage final. Enfin, la période de collecte pèse elle aussi.
L’étude française de mars 2024 a capté la vague post ETF Bitcoin aux États-Unis et l’optimisme précédant l’adoption européenne du règlement MiCA. L’édition de janvier 2025, elle, a pris un marché en consolidation, après des mois de volatilité et de prises de bénéfices, d’où un recul de deux points de pourcentage.
Tous ces éléments montrent qu’il est risqué de comparer des taux d’adoption sans se pencher sur la méthodologie. Car, malgré les variations de volume, le profil de l’investisseur reste assez stable. L’étude Adan 2025 indique que 57% des détenteurs ont moins de 35 ans, avec un pic chez les 18 à 24 ans (24%) et une prédominance masculine (70%).
Le revenu moyen suffit à absorber des risques modérés, 54% investissent moins de 10% de leur épargne en crypto, tandis que seuls 10% placent plus de la moitié de leur patrimoine dans ces actifs. Un reportage du Le Monde confirme cette dimension générationnelle. La jeunesse française voit dans les cryptomonnaies un moyen de diversifier et de contrer l’inflation.
Sur le plan régional, l’Île-de-France reste la première en concentration d’investisseurs, portée par la densité de fintechs et la proximité des pôles d’innovation. D’autres régions, comme Auvergne-Rhône-Alpes, gagnent du terrain grâce à leurs hubs universitaires et à l’arrivée de plateformes crypto natives dans les banques de détail régionales.
Écosystème français : des licornes aux PSAN, de MiCA à DORA
Si l’adoption des cryptos progresse chez les particuliers, le tissu entrepreneurial français s’étoffe lui aussi. Le fabricant de portefeuilles matériels Ledger maintient son statut de licorne, valorisé environ 1,5 milliard d’euros depuis 2023, tandis que la plateforme de NFT fantasy Sorare domine toujours la French Tech, estimée 4 milliards d’euros.
Ces deux acteurs rejoignent quelque 140 prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) déjà enregistrés auprès de l’Autorité des marchés financiers, dont la pionnière Coinhouse, inscrite depuis 2020 sous le numéro E2020-001. Leur poids économique croît en parallèle.
Dans le rapport « Web3 & Crypto en France et en Europe 2025 », l’association Adan indique que l’emploi du secteur a progressé au premier semestre 2024, signe de reprise après le bear market. Bien que modestes en effectif, les fintechs crypto totalisent déjà environ 4 500 emplois directs.
À côté des start-ups, des banques de détail telles que la Société Générale, via sa filiale SG Forge, commencent à tester des tokens de dépôt. Cette dynamique renforce l’image d’une crypto made in France. Toujours plus de produits, d’emplois et d’entreprises tricolores portent le sujet. Sur le plan juridique, 2024 a marqué le lancement effectif du règlement européen MiCA.
Les règles dédiées aux stablecoins sont entrées en vigueur en juin 2024, tandis que le reste du texte, licence unifiée pour les courtiers, exigences de livre blanc et de réserves, s’applique depuis décembre. L’AMF propose un guide détaillé sur son portail. Dans la foulée, la Digital Operational Resilience Act, DORA, est devenue applicable en janvier 2025.
Cette législation harmonise les tests de résilience cybernétique, les audits des fournisseurs de cloud et les plans de continuité pour plus de vingt types d’institutions financières. Exigence qui, selon le régulateur européen EIOPA, s’étend désormais aux plates-formes d’échange de crypto-actifs et aux dépositaires.







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