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Le titre de l’ouvrage ne prend pas de pincettes. Tant mieux : à ÉcoRéseau Business, nous refusons toute langue de bois. Voilà pourquoi Kevin Soler, auteur de Comment j’ai sauvé ma boîte (De Boeck Supérieur) nous a tapé dans l’oeil.

Fort d’une résilience indomptable, déjà très jeune homme, il partait à la conquête de l’Australie. Là-bas, un peu à l’américaine, il envoie… 4 000 CV ! L’homme n’a heureusement besoin que de très peu d’heures de sommeil. Et finit par rencontrer un tycoon de la finance qui lui offre son premier grand poste « rémunéré à l’engagement ». En bref, c’est lui qui doit aller chercher son salaire avec les dents. Il le fait et éblouit son monde de toute son ambition, jusqu’à être repéré par Google, qui l’embauche un temps. Le rêve de tant et tant… Ce graal ne lui suffit pas : Kevin Soler veut étonner, tenir la barre. Le salariat, très peu pour lui ! Alors, adieu l’Australie : il fait son grand retour en France, sous le soleil du Sud.

Aux côtés de son père, il lance un projet ambitieux porté sur les visites virtuelles de biens immobiliers. Nous sommes en 2012, autant dire que tout cela ressemble alors à de la science-fiction. Malgré le bon filon qu’il a su flairer en inventif, Kevin Soler est confronté au mur de l’argent. Clairement, sa banque le lâche. Aucun problème : Soler et son père parviennent alors à se réinventer. Leur société VIP Studio 360 s’installe à Sophia Antipolis et séduit toujours davantage, au point de recourir au développement en mode franchise, ouvrant jusqu’à 65 succursales sur le territoire métropolitain, ultra-marin et suisse. En bref, une autoroute deux fois deux voies vers le succès. Quand soudain…
C’est le drame.

Il remonte la pente et impressionne le tribunal de Commerce

Malgré un beau bilan, les finances de la société virent étrangement dans le rouge vif. Découvert ? 358 000 euros. Passif global ? 1,6 million d’euros. En septembre 2019, Kevin Soler découvre avec effroi que son associé de père détourne massivement de l’argent pour aller flamber au casino. Il y a eu abus de confiance… Le caractère dramatique de la situation saute aux yeux : au-delà d’une terrible trahison, Kevin Soler se retrouve responsable des erreurs de son père et doit désormais éponger cette dette. Il ne peut plus payer les salaires. Responsable, il fonce tête baissée face aux épreuves, n’ayant pas même le temps de stresser. Dix salariés quittent l’entreprise, dix autres se mettent en mode « réduction des coûts ».

Kevin Soler cesse de se verser un salaire. Alors que l’entreprise retrouve quelques couleurs et voit la menace de la faillite s’éloigner, voilà que tombe la pandémie covid-19 et ses confinements autoritaires. Kevin Soler – d’abord sous le choc – rebondit encore.

CE TRAVAILLEUR INVENTIF A SU FAIRE
FACE À TOUTES LES ADVERSITÉS

Qu’à cela ne tienne, ses visites virtuelles de biens immobiliers se multiplient : le chiffre d’affaires – loin de s’affaisser – tient le coup et surprend tous les prévisionnistes. En 2022, Kevin Soler trouve un accord avec ses créanciers et rembourse ses dettes, sous les applaudissements d’un tribunal de Commerce littéralement bluffé. Désormais, Kevin Soler est la tête de proue de Virteem, sa scale-up spécialisée dans les espaces et salons virtuels. N’oublions pas le plus important : sa femme Laura est toujours à ses côtés, fidèle dans les épreuves comme dans les réussites. Face aux chocs de l’existence, l’important c’est d’aimer.

VALENTIN GAURE

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