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Le 1er février, l’Accor Arena à Paris accueillera la finale de la Coupe de France de hockey sur glace. Rouen et Grenoble s’affronteront pour remporter le titre. Et cette année, alors que 1 500 places sont attribuées à chaque club, la billetterie a été prise d’assaut, une première qui souligne un attrait nouveau pour ce sport.
Pas moins de 68 % des Français ont une bonne opinion du hockey, d’après une étude de la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) avec Nielsen Sports, fin 2025. Et si ce taux semble encourageant, il reste largement en deçà du rugby, handball ou basket (82/84 %)… Difficile de comparer ces sports dont la cote de popularité n’a rien à voir. Pourtant, la FFHG se félicite de voir son nombre de licenciés augmenter ! En mai 2024, la Fédération annonçait un record avec 25 324 personnes licenciées, soit une augmentation de 4,6 % par rapport à la saison précédente. Alors ce sport, bien qu’en retrait, met tout en œuvre pour se développer – doucement, mais sûrement – et fait de plus en plus parler de lui.
Un modèle économique à ne pas négliger
Comme dans tous les sports, le hockey dispose de trois types de sources de revenus, bien qu’à des niveaux différents : avec des institutions qui apportent un soutien financier aux clubs, des sponsors et actionnaires indispensables, et du merchandising et des recettes de la billetterie. L’équipe grenobloise chiffre son budget pour la saison 2025-2026 à 7,2 millions d’euros, pour 140 000 spectateurs par saison. Ces budgets sont évidemment variables d’une année sur l’autre. Et ils augmentent chaque année considérablement pour les hockeyeurs. D’après la FFHG, le budget de 3 millions d’euros en 2006 a doublé en presque 20 ans, pour atteindre les 6,2 millions d’euros en 2022.
Car si le hockey est un sport mondialement connu, dont la popularité dans certains pays n’est plus à remettre en cause – on pense par exemple aux États-Unis ou au Canada – le développement en France est beaucoup plus lent. En Amérique du Nord, « le hockey a vu sa valeur moyenne de franchise augmenter de 44 % en 2024, pour atteindre 1,9 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros, ndlr), dépassant largement les hausses du football professionnel (11 %), du basketball (15 %) et du baseball (4 %) cette année », d’après Forbes. Si la France y travaille, elle est encore loin de ce type de résultats…
La nécessité d’attirer un nouveau public
Qui dit nouveau public dit visibilité, attractivité et revenus. C’est donc une nécessité pour ce sport. Et ça, les clubs l’ont bien compris. Pour y parvenir, les Spartiates marseillais misent gros sur l’expérience vécue par les spectateurs durant les matchs. Le président du club, Éric Lagache, a confié aux Nouvelles Publications, en mars dernier : « Nous ne nous contentons pas d’organiser une simple rencontre sportive, nous offrons un véritable spectacle. Dès l’entrée des joueurs, tout est mis en scène pour captiver le public : animations, scénographie, ambiance électrique… » L’ambiance est alors une piste à cultiver, avec un sport qui attire un public plus familial, convivial et accessible que d’autres sports.
Il est aussi question de faire connaître ses joueurs, pour gagner en visibilité. Pour cela, Marseille organise aussi des actions hors compétition ou hors des entraînements, comme des opérations de nettoyage, par exemple. Pour le club de Grenoble, c’est une autre histoire : « Aujourd’hui, certaines collectivités locales soutiennent massivement leurs clubs, parfois à hauteur de 25 à 30 % du budget, quand pour nous, à Grenoble, les aides publiques ne représentent qu’environ 5 % », explique Jacques Reboh à Ecofoot en octobre 2025. L’engagement devrait pouvoir être donnant-donnant. Donner sa chance – à travers une aide financière – au club, permet aussi à la ville de gagner en visibilité ensuite, à travers une équipe qui gagne des matchs et se fait connaître. Et dans les prochains mois, l’enjeu est là : les Français devront profiter du calendrier pour faire parler d’eux…
Un avenir déjà tout tracé ?
La saison 2025-2026 s’annonce chargée, et promet donc à ce sport en plein développement de toucher encore un public plus large. La finale de la Coupe de France de ce 1er février propose une affiche qui a déjà convaincu les supporters. Les Dragons de Rouen s’opposent aux tenants du titre, les Brûleurs de Loups de Grenoble. Et pour les Normands, l’enjeu est important, avec un dernier titre qui remonte à dix ans plus tôt, contre les Grenoblois. Avec un stade complet, aussi encourageant pour les joueurs que les clubs et organisateurs, ce classique du hockey sur glace français s’annonce haut en couleur.
Pas de repos pour les professionnels, qui se préparent ensuite à participer aux Jeux d’hiver 2026, du 6 au 22 février, en Italie. C’est un événement sportif mondial qui promet de regrouper fans comme curieux en nombre, mais c’est aussi un moment primordial pour les Français. L’équipe féminine s’apprête à disputer ces premiers Jeux, et l’équipe masculine est de retour après 25 ans d’absence, à la suite des non-qualifications aux dernières compétitions. A priori, les Français ont peu de chance de gagner une médaille, mais c’est une opportunité pour démocratiser ce sport encore en retrait. Et si 2026 était une année charnière ?
À retrouver, dans le numéro 126 d’ÉcoRéseau Business (dans les kiosques début février), une analyse sur l’économie des sports dont on ne parle jamais.

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