Tour Eiffel
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La tour Eiffel, emblème iconique de la France et joyau de Paris, se retrouve une fois de plus au cœur d’une controverse.

La raison de la polémique cette fois-ci ? une grève reconductible initiée par la CGT et Force ouvrière, effective ce lundi 19 février. Ainsi, la fermeture temporaire du site, a déçu des millions de touristes et de visiteurs, qui n’ont pas pu gravir la Dame de fer. La mobilisation syndicale découle d’un profond désaccord avec la gestion financière de la Société d’exploitation de la Tour Eiffel (SETE), dont la mairie de Paris est l’actionnaire majoritaire.

La tour Eiffel en quelques chiffres… ça donne quoi ? Il faut d’abord savoir que c’est le monument payant le plus fréquenté au monde. Et pour cause, la tour a attiré plus de sept millions de visiteurs en 2014, qui s’inscrit comme une année record. L’an passé, ce nombre démérite de peu et tourne autour de 6,3 millions de billets vendus. Pour rester dans les chiffres, environ 20 millions de personnes se tiennent au pied de la tour chaque année. Ainsi, huit visiteurs sur dix sont étrangers, les Français sont certes en tête, mais suivis de près par des Américains, des Allemands, des Anglais et des Espagnols…

Un poids économique de taille

Propriété de la ville de Paris via la SETE, elle génère d’importantes recettes, notamment une redevance de 16 millions d’euros versée en 2023. En 2022, le chiffre d’affaires s’est quant à lui élevé à 106 millions d’euros, provenant principalement de la billetterie, des boutiques souvenirs ainsi que des restaurants tels que la Brasserie du chef Thierry Marx au premier étage, le Jules Verne dirigé par le chef Frédéric Anton au deuxième étage, et les bars à macarons et à champagne situés aux différents niveaux. C’est donc près de 800 personnes qui travaillent quotidiennement dans la tour. Ils occupent alors divers postes tels que guides, vendeurs, agents de sécurité ou encore employés de restauration.

Dans un autre temps, l’entretien de la tour représente des dépenses considérables, notamment pour la peinture, entièrement refaite tous les sept ans en moyenne. Depuis 2019, la SETE a déjà dépensé près de 85 millions d’euros pour une seule campagne de peinture, qui n’est même pas encore achevée. Ces travaux mobilisent ainsi une vingtaine de peintres et nécessitent à eux seuls 60 tonnes de peinture pour recouvrir les 250 000 mètres carrés de métal constituant la Dame de fer.

Pourquoi cette grève ?

Les raisons invoquées par les syndicats sont multiples et touchent aux fondements même de la viabilité économique et structurelle de la tour Eiffel. En effet, ils dénoncent un modèle économique jugé « trop ambitieux et intenable », caractérisé par une sous-évaluation des budgets travaux et une surévaluation des recettes. Cette situation, exacerbée par les conséquences économiques de la pandémie, a entraîné au fil du temps un manque à gagner considérable, évalué à près de 120 millions d’euros.

Ainsi, le défi majeur auquel la tour Eiffel est actuellement confrontée réside dans la nécessité d’entreprendre des travaux de restauration et de maintenance d’envergure. Notamment, le décapage de la peinture au plomb et la rénovation des ascenseurs qui représentent des investissements colossaux, chiffrés à plusieurs centaines de millions d’euros. Cette perspective, couplée à une gestion financière jugée inadaptée, soulève légitimement des inquiétudes quant à la pérennité et à l’intégrité de ce monument emblématique.

Quelles revendications ?

Face à ces enjeux, les syndicats réclament la création d’un fonds de dotation spécial pour anticiper les dépenses futures et garantir la préservation à long terme de la tour Eiffel. Ils attirent également l’attention sur l’état de dégradation du monument, et soulignent alors la nécessité d’agir rapidement et efficacement pour assurer sa conservation optimale.

En parallèle, la mairie de Paris envisage une augmentation significative des tarifs d’entrée, ce qui suscite d’ailleurs, de vives réactions de la part des syndicats et du public. De cette façon, cette mesure, combinée aux défis financiers et structurels auxquels est confrontée la tour Eiffel, soulève alors des interrogations majeures quant à l’accessibilité future du site et son attractivité touristique.

Malgré les perturbations engendrées par cette grève, certains visiteurs restent compréhensifs, et reconnaissent le bien-fondé des revendications syndicales. Pour une majorité d’entre eux, la fermeture temporaire de la tour Eiffel ne saurait entacher l’expérience de leur séjour à Paris. Ainsi tous s’accordent sur l’objectif principal : préserver ce monument emblématique.

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