Pékin VS Bruxelles : le marché des voitures électriques sous tension

Voitures électriques
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Les voitures électriques chinoises vont être soumises à des droits de douane bien plus sévères.

38 %. Hier, jeudi 4 juillet, l’Union européenne a imposé à titre conservatoire jusqu’à 38 % de droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules électriques chinois. Il s’agit-là de droits de douane dits « compensateurs », car l’UE estime que la Chine a rémunéré ses constructeurs automobiles illégalement.

Cette nouvelle hausse de douane résulte d’une large enquête « anti-subvention » réalisée par Bruxelles. Concrètement, l’UE reproche aux constructeurs de véhicules électriques chinois d’avoir perçu des aides déloyales, lesquelles leur auraient conféré des avantages concurrentiels face aux constructeurs européens.

Le dialogue reste ouvert

La sanction s’inscrit dans une bataille sans merci livrée par Bruxelles aux méthodes commerciales chinoises. Les relations avec Pékin sont tendues, mais la porte au dialogue reste ouverte. Ces 38 % de droits de douane supplémentaires sont, pour l’heure, éphémères. En novembre prochain, la Commission européenne devra statuer sur des droits dits « définitifs ». Il reste donc quatre mois aux dirigeants chinois du secteur pour trouver un arrangement.

Avec ces 38 %, l’UE est toutefois plus mesurée que l’exécutif étasunien. Mi-mai, Joe Biden annonçait que les voitures électriques en provenance de Chine verraient leurs droits de douane passer de 25 à 100 %. La Maison-Blanche justifiait sa décision par le souhait d’éliminer « les pratiques commerciales déloyales ». L’institution reprochait aussi à la Chine de « financer sa croissance aux dépens des autres ».

Des droits de douane au cas par cas

Ursula Von Der Leyen avait alors émis le souhait de prendre une décision « plus ciblée » que celle des Américains. Alors, ces nouveaux droits de douanes européens sont étudiés au cas par cas. Après calculs et études, Bruxelles imposera donc 17,4 % de droits compensateurs à BYD, 19,9 % à Geely et 37,6 % à SAIC. Chaque montant est en corrélation directe avec le montant de subventions déloyales perçu par le constructeur.

L’UE affirme que par ce biais, les droits de douane compensateurs devraient freiner l’importation de véhicules électriques chinois sans la bloquer intégralement. En filigrane, l’objectif vise à protéger la filière automobile européenne, laquelle emploie environ 14,6 millions de personnes dans l’UE.

L’Allemagne et Volkswagen fulminent

Pourtant, certains pays membres ne voient pas forcément d’un bon œil cette nouvelle taxation douanière. L’Allemagne – au même titre que la Hongrie ou la Suède – craint des représailles. Le pays d’Olaf Scholz, très attaché à son secteur industriel automobile, vend 40 % de ses voitures en Chine. Si l’Empire du Milieu venait à prendre des mesures protectionnistes pour contrer ces nouveaux droits de douane, cela pourrait être très préjudiciable pour des marques comme BMW, Mercedes ou encore Volkswagen.

Cette dernière a d’ailleurs ouvertement critiqué la décision de l’UE : « Les effets négatifs de cette décision l’emportent sur les avantages possibles pour l’industrie automobile européenne et en particulier pour l’Allemagne ».

Au-delà de son cas personnel, Volkswagen argumente aussi en rappelant que le moment est mal venu compte tenu de « la faiblesse actuelle de la demande de véhicules électriques en Europe ». En effet, cette nouvelle taxation devrait faire monter les prix des véhicules et appuyer le ralentissement de la demande… La transition totale vers l’électrique, ce n’est visiblement pas pour tout de suite !

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