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Lors de la 9e édition du salon Vivatech, l’intelligence artificielle (IA) était au cœur des préoccupations et promesses technologiques. La France a sa carte à jouer.
C’est le plus grand événement européen dédié aux start-up. Depuis 2016, le salon Vivatech, ou Vivatechnology, organisé conjointement par Les Échos et Publicis, accueille le monde de la tech française et internationale à la Porte de Versailles (Paris). Cette année plus que jamais, l’IA était mise à l’honneur.
Pour cette 9e édition, qui s’est déroulée du 11 au 14 juin, les organisateurs de l’événement ont annoncé avoir accueilli 180 000 visiteurs. Soit 15 000 de plus que l’année dernière. Un nouveau record qui permet de renforcer Vivatech en tant qu’événement de premier plan sur la scène tech mondiale.
L’IA en tête d’affiche
Sans surprise, parmi les 14 000 start-up présentes, une grande partie faisait la part belle à l’IA (40 %).
Le salon a débuté par l’annonce d’un « accord historique », selon les propres termes du président de la République, Emmanuel Macron. En effet, le mercredi 11 juin, l’entreprise française spécialisée dans l’IA générative, Mistral AI et le géant américain des puces électroniques, Nvidia, ont officialisé un partenariat stratégique. Le fleuron national de l’IA va lancer une plate-forme entièrement européenne de cloud baptisée « Mistral Compute ». Celle-ci sera équipée des puces Blackwell conçues par Nvidia.
En d’autres termes, cet accord permettra à Mistral de maîtriser toute la chaîne de valeur, de la conception algorithmique à l’infrastructure technique, pour développer une IA opérée et hébergée en Europe. Une avancée qui s’inscrit dans l’un des objectifs du plan France 2030, à savoir se doter d’un cloud souverain pour se libérer du joug des Gafam.
À l’occasion des quatre jours du salon, on a pu constater à quel point tous les corps de métier étaient concernés, et devaient impérativement se saisir de l’IA. Le service public, bon élève, entame tout juste sa conversion. En effet, lors de sa visite au salon Vivatech, le Premier ministre François Bayrou a annoncé que 10 000 agents du service public seraient bientôt équipés d’un chatbot d’IA mis au point par Mistral. L’objectif ? Faciliter les tâches quotidiennes des agents. Il y aura tout d’abord une phase d’expérimentation d’une durée entre trois à six mois qui se généralisera à l’ensemble des agents si les résultats sont concluants.
La tech pour répondre aux enjeux climatiques
Si l’IA était omniprésente lors de cette 9e édition, les enjeux climatiques n’étaient pas en reste, bien au contraire.
Les sujets climatiques se sont aussi imposés comme une préoccupation majeure du salon. La « climate tech » s’est invitée dans de nombreuses interventions. Emmanuel Macron est venu réaffirmer l’engagement de la France dans la transformation écologique par l’innovation. La transition énergétique, la mobilité verte ou encore l’agriculture régénérative étaient au cœur de plusieurs démonstrations.
Sur 1 500 m2, l’Impact Bridge co-construit avec EDF a mis en lumière les projets les plus prometteurs de la « Tech for Change », en cohérence avec la certification ISO 20121. La Global Awards Ceremony, organisée avec TechCrunch, a consacré des figures emblématiques de cette dynamique, comme Hélène Briand (Verley), Adrienne de Malleray (Genesis) ou encore la start-up Reme-D.
La French Tech en mission
Mais ce qui comptait peut-être le plus lors de ce sommet international : la place croissante de la France en matière d’innovation technologique ! « Nous voulons montrer aux décideurs du monde entier que la France a une carte à jouer autour de la tech, de l’intelligence artificielle », nous confie Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, ravie de ce qu’elle considère être la « fête de la tech », peu de temps après le sommet de l’IA à Paris et Choose France. D’ailleurs, la promotion 2025 du French Tech Next40/120 a confirmé le leadership de la France dans l’innovation. Au total, les lauréats de la promotion 2025 cumulent 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec une croissance moyenne de 27 % en 2024, et 42 000 emplois en France et dans le monde. « Ce dernier palmarès démontre que la French Tech est désormais mature et résiliente […] Qu’elle maitrise sa croissance, en dépendant moins des levées de fonds », observe Julie Huguet.
Vivatech ? le rendez-vous de la concrétisation, où les contrats priment sur les paroles. C’est le passage à l’acte avec beaucoup de signatures et des partenariats stratégiques. Au total, un milliard d’euros a été (et sera) mobilisé par des grands groupes français à destination de nos start-up entre 2024 et 2026. Citons Sweep, solution choisie par Orange pour réaliser son reporting environnemental, ou Woodoo qui participe à la construction de data centers en France en incorporant leur bois de construction augmenté pour Bouygues Construction. « Travaillons avec nos entreprises de la tech, accélérons encore le mouvement. Les grands groupes commencent à le faire, les ETI et PME doivent suivre », espère Julie Huguet, convaincue que l’impact reste le maitre-mot en France et en Europe, et un levier de distinction. « On ne peut pas imaginer l’innovation sans penser à l’impact. Les ressources planétaires aujourd’hui, on le sait, sont limitées », rappelle-t-elle, alors que 29 % des entreprises qui font partie de la dernière promotion du French Tech Next40/120 appartiennent au secteur des greentech.
Lisa Begouin et Geoffrey Wetzel
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