Syndrome de l'imposteur
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Douter en permanence de ses compétences, avoir le sentiment de ne jamais faire assez bien, attribuer ses réussites à la chance… Derrière ces comportements, un phénomène bien connu mais longtemps sous-estimé : le syndrome de l’imposteur. Il est aujourd’hui vital d’apprendre à reconnaitre et dépasser ce malaise contemporain – qui touche une grande partie de la population.

Le syndrome de l’imposteur – aussi appelé syndrome de l’usurpateur – est identifié en 1978 par deux psychologues américaines : Pauline Rose Clance et Suzanne Imes. Selon une étude Indeed publiée l’année dernière, 62 % des professionnels à travers le monde l’ont déjà ressenti.

Qu’est ce qui se cache derrière cette expression ? « C’est avant tout la peur d’être démasqué. Ce sont des personnes qui, objectivement, possèdent des compétences avérées, mais qui sont convaincues intérieurement qu’elles sont mauvaises et qu’un jour, quelqu’un va s’en rendre compte », éclaire Arielle Bonneville-Roussy, professeure en psychologie du développement à l’université du Québec à Montréal (UQAM), dans les colonnes de Pratiquesrh.

Les risques associés

Avant tout, il faut avoir en tête que ce phénomène est encore plus fort en périodes de transition, lorsqu’on décroche un emploi, qu’on obtient une promotion ou bien qu’on se lance dans l’entrepreneuriat. « Il est très souvent lié à un désir de conquête, freiné inconsciemment par un sentiment très personnel de sa propre illégitimité. L’angoisse réside autour de l’idée que tout le monde s’en rendrait compte », analyse Véronique Salman, psychanalyste, pour Bpifrance.

Dominic Migneault, enseignant à HEC Montréal ajoute que ce phénomène peut engendrer deux réactions souvent opposées dans le monde professionnel. « Les personnes concernées adoptent généralement deux stratégies : soit elles “surtravaillent” en se “sur-préparant”, soit elles procrastinent et évitent les situations qui pourraient révéler leur soi-disant imposture. »

Le syndrome de l’imposteur nourrit un profond sentiment d’insécurité qui peut entraîner des niveaux élevés de stress et d’anxiété, voire mener jusqu’au burn out. Il peut aussi conduire celui ou celle qui en souffre à s’auto-saboter, à ne pas prendre de risque et donc se mettre en situation d’échec professionnel. Précision : ce phénomène touche majoritairement les femmes.

Comment le surmonter ?

Face à cela, l’entreprise joue un rôle déterminant. Il revient aux managers et collaborateurs d’instaurer un cadre de travail ouvert et bienveillant. Cela ne signifie pas qu’on ne pointe pas les erreurs lorsqu’il y en a mais qu’on les amène autrement.

« Il est important de pouvoir se féliciter de ses succès objectifs. Lorsque l’on est introverti, réussir à aller prendre un café avec ses collègues ou à parler en public sont des succès qui comptent aussi », complète le psychologue Adahé Saban.

On ne le répètera jamais assez : c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les feedbacks – constructifs bien entendu – en entreprise sont précieux !

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