Le slashing, c'est le fait de cumuler plusieurs activités professionnelles.
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Les slasheurs sont de plus en plus nombreux en France, ces travailleurs qui cumulent plusieurs emplois. Non, il ne suffit pas d’être hyperactif, certains ont besoin de combler leurs revenus, d’autres ont besoin de plus pour se lever le matin. 

Six millions d’actifs cumulent plusieurs activités professionnelles en même temps, d’après l’Observatoire du slashing. Si le terme est inventé par Marci Alboher, auteure et conférencière, en 2007, il n’est pas aussi récent. Le phénomène s’installe progressivement en France. 

Par nécessité ou par volonté ? 

Mais pour beaucoup d’entre eux, ce n’est pas un choix. Salaire trop bas, faute de trouver un CDI à temps plein ou question de santé mentale… Dans un monde où les entreprises sont avares de CDI, et avec des salaires parfois faibles, certains Français sont coincés. Plus de six personnes sur dix se disent insatisfaits de leur salaire, d’après une étude menée par Great Place to Work. Pour beaucoup, il est malheureusement plus simple de développer une activité en parallèle que de négocier une hausse de salaire. 

Et 26 % des Français estiment que leur activité professionnelle affecte leur santé mentale « négativement ». Les employés se désengagent (l’engagement mondial a chuté à 21 %) et leur bien-être est aussi en déclin, d’après le rapport de l’Institut Gallup en 2025. Or il y a évidemment un lien entre santé mentale et productivité : en 2024, le désengagement mondial a coûté 438 milliards de dollars (380 milliards d’euros) à l’économie mondiale. 

Pour d’autres, l’expression « métro, boulot, dodo » est dépassée. Le travail n’est plus synonyme de sacrifice, mais d’épanouissement : 38 % des slasheurs le font pour monétiser une passion. Et c’est encore plus flagrant chez la « Gen Z », ces jeunes qui changent le sens du travail, en priorisant leur santé mentale et leur équilibre vie pro/vie perso

Et concrètement, devenir un « slasheur »… 

…Comment ça marche ? Certains optent pour un emploi à temps partiel pour avoir plus de temps pour une activité indépendante en parallèle. D’autres cumulent même deux emplois salariés à temps partiel. L’idée, c’est d’oublier la semaine de cinq jours en temps plein pour se libérer du temps pour s’occuper autrement. À chaque organisation son avantage : cumuler deux emplois sécurise (la durée maximale de travail quotidienne est fixée à dix heures), alors qu’une activité indépendante permet de travailler à son rythme… mais aussi en risquant le surmenage. Alors gare au burn out

Les slasheurs sont unanimes, si les finances le permettent, il est question d’épanouissement personnel. C’est aussi un plus pour l’entreprise, dont la productivité monte en flèche lorsque son salarié est satisfait et se sent bien dans l’entreprise. Aujourd’hui, avec le développement fulgurant des nouvelles technologies, il est devenu nécessaire de maintenir ses compétences à flot, au moins en continuant à se former régulièrement. Le monde du travail évolue aussi vite que les mentalités. 

« Pour la première fois, une génération n’est plus prête à faire des sacrifices pour son travail. Il ne s’agit pas là d’un désengagement, mais d’une redéfinition des priorités », souligne Antoine Foucher, président du cabinet Quintet. Selon l’étude de l’Apec « Élan vers 2030 : quels futurs pour le travail ? », 84 % des cadres estiment que le monde du travail a connu de profondes transformations ces dernières années et 77 % pensent qu’elles vont s’accélérer. Des certitudes que partagent les slasheurs, et qui pourraient redéfinir le monde du travail dans les prochaines années… ? 

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