Digital detox
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« Le prolongement de la main. » L’expression est devenue presque banale pour désigner le téléphone portable et la place qu’il occupe dans notre quotidien, parfois jusqu’à l’addiction. En entreprise aussi, ils prennent une part considérable de nos journées – et cela n’est pas sans conséquences pour notre santé physique et mentale. Dès lors, l’idée d’une « digital detox » au travail séduit : prendre de la distance avec les écrans pourrait favoriser la concentration, réduire la fatigue et améliorer l’efficacité des équipes. 

En moyenne, un Français passe 20 heures par semaine devant des écrans dans le cadre de son travail. Et personne n’est épargné ! « Même à l’Élysée, je demande aux gens de déposer leur téléphone avant une réunion. C’est une discipline qu’il faut s’appliquer aussi dans la vie adulte (…). Ça crée des addictions, des dépendances. Ça crée des troubles de l’attention et on a vu d’ailleurs à quel point, à mesure que l’on est exposé à ces écrans et à ces réseaux sociaux, on avait de plus en plus de mal à fixer son attention pour lire », dixit le président de la République Emmanuel Macron, lors d’un déplacement en Lozère le 1er septembre 2026.

Les risques des écrans sur notre santé

On ne cesse de le rabâcher, les écrans sont dangereux pour la santé – d’où la récente décision d’interdire les téléphones portables lors de cette rentrée 2026. Concrètement, quels sont les risques ?

Les premiers touchent les yeux. Vision floue ou double, sécheresse oculaire, maux de tête : le « syndrome de vision informatique » regroupe un ensemble de troubles particulièrement fréquents chez les personnes qui passent de longues heures devant leur écran. À cela peut s’ajouter le développement ou l’accentuation de la myopie.

Les écrans peuvent également favoriser l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS). Ces atteintes concernent les muscles, les tendons, les nerfs, les ligaments ou encore les vaisseaux sanguins. Dans le cadre du travail sur écran, elles peuvent toucher le cou, le bas du dos, mais aussi les épaules, les coudes, les poignets ou les mains.

Les conséquences ne sont pas uniquement physiques. Les notifications à répétition, les mails à toute heure de la journée, l’enchainement de visioconférences… cette surcharge d’informations peut peser lourd sur notre santé mentale. Sans surprise, au-delà du stress et de l’anxiété engendrés, cela peut aller jusqu’à l’épuisement professionnel – ou burn out – ce qui représente un coût humain non négligeable mais aussi un coût économique pour les entreprises.

Le neuroscientifique Adam Gazzaley parle à ce sujet d’une véritable « crise de la cognition ». « Notre cerveau n’a tout simplement pas suivi le rythme des mutations spectaculaires et rapides de notre environnement – en particulier l’introduction et l’omniprésence de la technologie de l’information », analyse-t-il dans Les Échos Entrepreneurs. Dans son ouvrage The Distracted Mind: Ancient Brains in a High-Tech World, il explique que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre cerveau n’est pas conçu pour effectuer plusieurs tâches en même temps.

Comment mettre en place la digital detox au travail ?

La digital detox passe d’abord par l’aménagement du poste de travail et l’implantation des postes dans les locaux, mais aussi par le choix du matériel : siège, plan de travail, écran, clavier, souris… L’organisation du travail joue également un rôle essentiel. Une meilleure alternance entre les périodes devant l’écran et les moments de pause peut contribuer à limiter la fatigue et les troubles liés à une exposition prolongée. Et pour les réunions, vous pouvez appliquer la méthode du président : que chacun laisse son téléphone à son bureau ou dans une boite dédiée !

Avis aux patrons et managers : il est nécessaire d’instaurer de véritables moments de déconnexion au cours de la journée. Des pauses loin de l’ordinateur, des réunions sans outils numériques, des séances de yoga ou de méditation peuvent créer ces parenthèses nécessaires pour souffler et retrouver sa concentration. Les salariés doivent pouvoir s’accorder des pauses actives et régulières, mais aussi avoir la liberté de s’arrêter lorsqu’ils en ressentent le besoin.

Pour Adam Gazzaley, ces rituels sont justement l’un des moyens d’apprendre à mieux gérer cette « crise de la cognition ». Leur succès croissant au sein des entreprises témoignerait d’une prise de conscience : face à l’hyperconnexion, la déconnexion devient peu à peu un outil de travail.

Pour être efficace, cette démarche ne doit pas uniquement reposer sur la bonne volonté des salariés. Elle doit s’inscrire dans une véritable politique de prévention. L’objectif : permettre à chacun d’adapter son poste et son organisation à ses besoins, qu’ils évoluent avec la morphologie, l’état de santé, la fatigue ou encore l’âge.

Pour l’entreprise aussi, apprendre à déconnecter peut s’avérer être un investissement payant. Ces pratiques favorisent la concentration, limitent la fatigue et les risques psychosociaux. Elles contribuent ainsi à améliorer la productivité, réduire l’absentéisme, renforcer l’engagement des salariés et, à terme, faciliter la fidélisation des talents.

Journaliste. Si la curiosité est un vilain défaut, elle m'a permis d'en faire mon métier ! Je suis ravie de faire partie de l'équipe d'ÉcoRéseau Business, dont l'objectif est d'informer avec un regard constructif et optimiste. Dans mes articles, je m'efforce de rester aussi objective que possible… sauf quand il est question de Bordeaux, ma ville de cœur !

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