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Eh bien alors ? Il paraît que c’est la catastrophe : pas de budget, un déficit qui explose, un président qui tire à hue et à dia, des oppositions adeptes du « tout ou rien » ? Ne nous leurrons pas, 2025 ne s’annonce apparemment pas comme une grande année pour l’attractivité française. Apparemment… car ne pensez pas que les acteurs privés restent les bras croisés. Ils disposent de capitaux qu’ils souhaitent investir, et vite ! Logiquement, ils se tournent vers les régions, qui se montrent ravies de les accueillir, dans une compétition à la fois sportive et intense.

Île-de-France, la région des gagnants

L’Île-de-France, région amie des entreprises, reste la meilleure élève en matière d’attractivité économique. Depuis son arrivée à la présidence régionale en 2015, Valérie Pécresse a rompu avec les pratiques de la « politique à la papa ». Elle part à la conquête des investisseurs avec détermination, assumant un positionnement clairement « pro-business » et multipliant les événements via son outil phare, Choose Paris Region.

Alexandra Dublanche, vice-présidente en charge de l’Attractivité, du Développement économique et de l’Innovation, diplômée de Harvard et élue à Sartrouville, travaille à attirer les talents en Île-de-France. En novembre 2023, elle confiait à EcoRéseau Business : « Choose Paris Region est le visage international de la région, avec quatre grands axes : Invest, Tourism, Film et Talents. Que ce soit pour une start-up canadienne ou un réalisateur souhaitant tourner ici, l’agence centralise aussi l’offre touristique, un secteur fondamental. Choose Paris Region a été élue meilleure agence d’attractivité d’Europe ! »

La parenthèse des Jeux Olympiques et Paralympiques a permis au duo Pécresse/Dublanche de rencontrer de nombreux grands patrons de passage. Gageons que la première région d’Europe saura bientôt récolter les fruits de ces efforts, renforcés par une politique d’aides régionales claire et sans lourdeur bureaucratique.

Auvergne-Rhône-Alpes, entre polémiques et succès

Laurent Wauquiez fait parfois la Une pour des raisons contestées, notamment à cause du « Dîner des sommets » de 2022, facturé à plus de 100 000 euros aux frais de la région. Mais en dehors de cette « douloureuse », Auvergne-Rhône-Alpes a su bâtir une image solide en entrepreneuriat et industrie, profitant des infrastructures lyonnaises.

L’agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises (ARAE) est proactive pour attirer investissements européens et mondiaux. Elle soutient aussi fortement les PME et ETI régionales dans leur développement à l’export, faisant de la région une rampe de lancement idéale. En janvier dernier, la région organisait une soirée Auvergne-Rhône-Alpes au CES de Las Vegas, mettant en avant ses pépites technologiques. La nouvelle ligne ferroviaire Lyon/Turin renforce aussi les liens avec l’Italie et fera de la région un hub du fret européen, ouvrant de nouveaux marchés aux entreprises locales.

Pays de la Loire, du solide, du vrai !

Sous la présidence de Christelle Morançais, la région a adopté un budget rigoureux, favorisant un recentrage sur ses missions légales : transports, lycées, développement économique et formation. Avec un chômage à 6 %, inférieur de plus d’un point à la moyenne nationale, les Pays de la Loire incarnent une France dynamique.

La région mise particulièrement sur l’export, aidant son réseau de PME et ETI à se lancer à l’international, notamment via des programmes comme Performance Export Pays de la Loire ou Emploi Export. Le dispositif Pays de la Loire Participations accompagne le développement des start-up locales par des investissements minoritaires, ciblant des projets innovants, industriels ou issus de filières émergentes, toujours avec un impact positif sur l’emploi régional.

Occitanie, la région qui aime prendre des risques

Carole Delga, présidente socialiste de la région, est connue pour son engagement intellectuel mais assume aussi un virage pro-business à gauche. Plutôt que multiplier les aides, elle concentre les investissements sur trois priorités : réindustrialisation, attractivité des territoires ruraux, recherche et innovation. Ces orientations sont inscrites dans le SRDEII, un schéma régional de développement économique pour 2022-2028, complété par plusieurs contrats et plans régionaux, assurant un pilotage précis de la stratégie.

Région agricole et maraîchère, frappée par une crise majeure, l’Occitanie valorise son « secteur primaire » : agriculture et agroalimentaire représentent 165 000 emplois, 64 000 exploitations et 250 produits labellisés. L’attractivité économique s’exprime ainsi aussi bien dans les tours de la Défense que dans les champs autour de Lavaur. La France, c’est tout cela, ensemble.

Valentin Gaure

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