Pour une Sécu verte !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Guerre, insécurité énergétique, tensions commerciales internationales, nouvelles maladies, vagues de chaleur touchant particulièrement les plus vulnérables et à cela s’ajoute la pollution de l’air, responsable d’environ 40 000 décès prématurés chaque année. Et si on parlait d’une Sécu verte ? Par Ezzedine El Mestiri.

Autre pollution de l’environnement aux effets sous-évalués : les polluants d’origine agricole qui mettent en danger la santé des populations, soit par exposition directe, soit par contamination des milieux et de l’eau. Nous vivons avec ces menaces en reléguant la crise écologique au second plan et en oubliant souvent les conséquences de la dégradation de notre environnement pour notre santé et nos conditions de vie.

Comment faire face à tous ces risques ? Dans une note publiée par le think tank Terra Nova, « Plaidoyer pour une Sécu verte »), Marine Braud, consultante, ex-conseillère écologie auprès de la Première ministre et du Président de la République,  propose un service public pour accompagner la transition écologique. Protéger les citoyens et les entreprises contre les chocs environnementaux. Selon elle, l’État devrait se doter d’une structure publique stable, lisible, protectrice et accessible sur laquelle les citoyens puissent compter. Ne plus considérer les enjeux écologiques comme des actions  pour la planète  mais bien comme la prévention de ces risques qui menacent notre modèle économique, social et la cohésion nationale.

Apporter des réponses aux peurs

« Au XXe siècle, des esprits précurseurs, animés par la volonté de protéger les Français contre les chocs de la vie, avaient créé la Sécurité sociale. Les défis du XXIe siècle appellent, eux aussi, à un acte fondateur : la création d’un véritable service public de la transition écologique, une Sécurité environnementale ou Sécu verte pour accompagner les citoyens, les entreprises et les territoires face aux bouleversements environnementaux et aux mutations à venir », l’auteure  préconise la création d’un grand service public de la transition écologique, sorte de guichet unique qui rassemblerait les politiques publiques dans ce domaine. S’inspirer de la grande idée de la Sécurité sociale pour explorer des solutions alternatives permettant de conjuguer stabilité institutionnelle et agilité face aux urgences environnementales.

Cette Sécurité environnementale aurait vocation d’apporter des réponses aux peurs et aux doutes que suscite la transition écologique. Elle serait un outil fort d’une puissance publique qui assume son rôle d’accompagnateur face aux mutations nécessaires. Elle permettrait aussi de lever les blocages psychologiques, économiques, sociaux et culturels en offrant à chaque citoyen les moyens compréhensibles de s’engager et de se protéger. C’est une manière de nous réconcilier avec l’écologie qui doit être vécue comme une sécurité partagée plutôt qu’une contrainte subie.

Une carte vitale écologique

Côté pratique, la Sécu verte simplifierait le recours aux aides financières grâce à une carte vitale écologique, directement utilisable chez les artisans ou pour des achats responsables. Elle pourrait également servir de portefeuille vert alimenté selon le niveau de revenus pour l’achat de produits. L’État verserait sur cette carte un montant dépendant du niveau de revenus, avec des aides plus importantes pour les populations précaires et modestes.

Rappelons qu’en 1945, la Sécurité sociale  a été créée avec une ambition, exprimée par Alexandre Parodi, ministre du Travail : « la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. »​ Son principe fondateur est d’assurer à tous les citoyens un socle de sécurité économique, quelles que soient les épreuves rencontrées. Aujourd’hui, face aux risques environnementaux, nous sommes dans la même logique.  En intégrant une logique de guichet unique de sécurité verte et en soutenant les modèles économiques et produits durables, on ne peut que mieux servir la transition écologique.

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