Temps de lecture estimé : 2 minutes

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) ne cesse de nous prévenir sur la gravité du climat qui a atteint un déséquilibre jamais constaté depuis le début des observations. Son dernier rapport est un cri d’alarme qui avise que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées ! En 65 ans, le déséquilibre énergétique de la Terre a atteint son niveau le plus culminant à cause des concentrations de gaz à effet de serre (GES). Par Ezzedine El Mestiri.
C’est la première fois que ce rapport intègre le déséquilibre énergétique de la Terre parmi les indicateurs climatiques. C’est-à-dire, le bilan énergétique qui indique la vitesse à laquelle l’énergie entre et sort du système Terre. Pour stabiliser le climat, il faudrait que la quantité d’énergie solaire entrante soit à peu près égale à la quantité d’énergie sortante. Or, cet équilibre ne cesse d’être brisé par l’élévation des concentrations de gaz à effet de serre (GES) et protoxyde d’azote, qui ont atteint leur niveau le plus élevé depuis au moins 800 000 ans !
Une fonte menaçante des glaciers
En 2025, le contenu thermique de l’océan a atteint son niveau le plus élevé depuis le début des relevés, en 1960, dépassant le précédent record établi en 2024. Le réchauffement océanique entraîne la dégradation des écosystèmes marins, la perte de biodiversité et la réduction du puits de carbone océanique. Il accentue la fonte continue des glaces de mer dans les régions polaires. Aujourd’hui, l’étendue annuelle de la glace de mer arctique a frôlé un niveau historiquement bas et la fonte des glaciers se poursuit sans relâche !
Cet état de gravité a des répercussions en chaîne des phénomènes extrêmes notamment sur la production agricole, l’insécurité alimentaire, la stabilité sociale, les migrations et la biosécurité. S’ajoute le stress thermique qui touche plus d’un tiers de la main-d’œuvre mondiale. Environ 1,2 milliard de personnes sont exposées à un moment donné de l’année à des risques liés à la chaleur sur le lieu de travail, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et du bâtiment.
Instaurer des systèmes d’alerte
« Le climat mondial est en état d’urgence. La Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont au rouge. L’humanité vient de connaître les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. Quand l’histoire se répète 11 fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à l’action », martèle António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.
Les observations météorologiques d’aujourd’hui permettent non seulement de prévoir le temps, mais aussi de protéger demain. Elles mettent à disposition des décideurs un savoir-faire météorologique et climatologique. Depuis 2015, le nombre de pays ayant instauré des systèmes d’alerte précoce, multidangers est passé de 56 à 119 en 2024. Toutefois, 40 % des pays ne disposent toujours pas de tels systèmes et il est urgent d’agir pour combler les lacunes restantes.
Vagues de chaleur, feux de forêt, cyclones, tempêtes et inondations ont causé des milliers de morts et touché des millions de personnes en entraînant des lourdes pertes économiques. Il faudrait aussi avoir à l’esprit que ces changements climatiques à grande échelle auront des retentissements fatals pendant des centaines, voire des milliers d’années. Et il est urgent de concevoir un développement durable, respectant la neutralité carbone, la seule voie pour inverser ce désordre climatique. Le chaos atmosphérique est bien là et il s’accélère et pour les gouvernants, le temps n’est plus à la tergiversation ou la demi-mesure.




























