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De nombreuses études attestent sur l’inactivité physique et la sédentarité des enfants avec des conséquences préoccupantes sur leur santé. Par Ezzedine El Mestiri.
Une étude réalisée en 2024 par le ministère de la Santé et des Solidarités indiquait que 37 % des enfants de 6 à 10 ans et 73 % des jeunes de 11 à 17 ans n’atteignent pas les recommandations en matière d’activité physique. 30 % des enfants de 6 à 10 ans ne pratiquent pas de jeux de plein air au moins un jour par semaine les jours d’école, et environ 10 % les jours avec peu ou pas d’école. Pourtant, ils passent en moyenne entre 3 et 4 heures par jour devant un écran. À l’échelle mondiale, la France occupe la 119eplace sur un classement de 146 pays pour le niveau d’activité physique et sportive des adolescents.
Des parents réticents
Cette sédentarité représente un vrai risque pour l’augmentation d’obésité et d’anxiété. Une récente enquête de l’Agence de la transition écologique (Ademe) s’est intéressée à la mobilité des enfants. Le constat est hallucinant : la majorité de nos gamins vivent dans un environnement motorisé. 90 % résident dans un foyer équipé d’au moins une automobile et un tiers d’entre eux utilisent quotidiennement la voiture. Bien évidemment moins d’utilisation de la marche, du vélo ou les transports en commun. Seuls 6 % des 85 % des enfants équipés en vélo l’utilisent quotidiennement pour aller à l’école.
Et l’attitude des parents dans tout cela ! Ils sont réticents. Pourtant c’est eux qui devraient jouer un rôle éducatif dans les pratiques de mobilité de leurs enfants. Par exemple, plus des trois quarts d’entre eux considèrent la marche plus dangereuse qu’à leur époque et 90 % s’inquiètent de la sécurité routière. Ils surévaluent les distances domicile-établissement scolaire qui les incite à accompagner leurs enfants en voiture, même lorsque le trajet est faisable à pied. Autre révélation de cette enquête, les inégalités sociales. Les enfants des familles favorisées sont mieux équipés en vélo, trottinette… Et ils disposent d’un abonnement aux transports en commun. Ils sont ainsi plus autonomes dans leurs déplacements.
Un enjeu de société majeur
Changer les habitudes de mobilité de nos jeunes suppose d’intervenir à l’école où s’ancrent les premières routines de déplacement. Valoriser l’autonomie croissante au fil du parcours scolaire. Il faut aussi développer des infrastructures sécuritaires pour rassurer les parents. Construire des pistes cyclables, une signalétique claire et des traversées piétonnes protégées.
Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre. C’est une aberration de constater que la voiture reste massivement utilisée pour les trajets scolaires, même lorsque ceux-ci sont courts. Le sujet de mobilité de nos enfants est un enjeu de société majeur qui détermine leur autonomie, impacte leur santé, leur socialisation. Il n’est une affaire de logistique ou un choix privé. C’est une vraie question de société qui touche à l’égalité des chances, la santé publique, l’urgence climatique et la manière dont nous concevons les villes de demain. Favoriser l’autonomie des enfants dans leur déplacement, c’est leur offrir plus de liberté et du bien-être. « Point de santé si l’on ne se donne tous les jours suffisamment de mouvement », écrivait le philosophe Arthur Schopenhauer.

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