L’effrayant coût des canicules

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Les canicules sont des tueuses silencieuses. C’est la révélation d’une récente étude de l’Imperial College de Londres. Les vagues de chaleur, dues au réchauffement climatique, auraient causé une surmortalité de près de 70 % dans les villes européennes qui ont connu l’un de ses étés les plus chauds.

Des pays comme l’Espagne ou le Portugal ont vécu au rythme d’un thermomètre qui a grimpé jusqu’à 46 °C. Ces événements météorologiques extrêmes à répétition ont un impact sur la mortalité des populations et des conséquences sur l’activité économique. La chaleur réduit la productivité, la sécheresse endommage l’agriculture et les inondations détruisent les infrastructures et les bâtiments. Il faut y ajouter les coûts humains avec des décès supplémentaires.

Un coût qui donne le vertige

En France, les dommages de l’été 2025 s’élèveraient à 10,1 milliards d’euros, soit 0,39 % du PIB. En prenant en compte les pertes en vies humaines, la destruction de routes, d’immeubles ou de récoltes lors de ces canicules et inondations, l’étude évalue que d’ici à 2029, les coûts macroéconomiques engendrés par la multiplication des canicules et des sécheresses pourraient atteindre 126 milliards d’euros. Un coût qui donne le vertige.

Pour la première fois, une étude publiée dans la revue Nature pointe la responsabilité de certaines entreprises dans l’augmentation de l’intensité des vagues de chaleur. Les chercheurs ont identifié 180 entreprises productrices d’énergies fossiles et de ciment comme gravement émettrices de gaz à effet de serre (GES) entre 1854 et 2023 et qui pourraient être tenues responsables sur la survenue des vagues de chaleur et des impacts climatiques. En effet, les émissions de ces grandes sociétés productrices de pétrole, charbon, gaz et ciment ont contribué à 50 % de l’augmentation de l’intensité des canicules depuis l’ère préindustrielle. Et il faudrait songer qu’un jour les victimes des canicules et des tempêtes demanderaient des réparations pour les dégâts qu’elles ont subis.

Un objectif en panne !

Entre temps, il est urgent que les gouvernants quantifient les pertes économiques globales dues à la chaleur, à la sécheresse et aux inondations afin de mieux adapter leurs stratégies. Malheureusement, les États européens tardent à adopter des objectifs ambitieux et cela fragilise la sécurité, l’économie et la santé de millions de citoyens. L’objectif climatique 2040 est en panne ! L’enjeu est la révision de la loi européenne sur le climat, qui prévoit que l’UE devienne neutre sur le plan climatique d’ici à 2050, mais qui exige qu’un objectif climatique pour 2040 soit respecté. Nous en sommes loin ! « Chaque degré compte, chaque année compte et chaque décision compte : ne pas agir aujourd’hui c’est ajouter au fardeau des générations futures. Limiter le réchauffement à 1,5 °C n’est pas impossible mais nécessite une politique forte et immédiate », alerte la climatologue Valérie Masson-Delmotte.

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