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La France a réduit ses émissions de presque sept mégatonnes de CO2 en 2024, mais pas assez pour arriver à l’objectif de réduire de moitié les émissions d’ici à 2030.
Selon le baromètre du Citepa, les émissions de gaz à effet de serre (GES) poursuivent leur trajectoire à la baisse en 2024, de façon plus faible qu’entre 2022 et 2023, avec une réduction de 1,8 % en 2024 par rapport à 2023.
C’est le secteur de l’industrie de l’énergie qui enregistre la plus forte baisse, de 11,6 % par rapport à 2023. Les transports et le bâtiment demeurent les mauvais élèves de la transition écologique. Le Citepa a noté une chute de 40 % l’an dernier du nombre de rénovations énergétiques et un recul dans les installations de pompes à chaleur ou de chaudières biomasse. Quant au secteur des transports, il est loin de tenir le rythme d’électrification de ses véhicules.
Rappelons que le Citepa est une association indépendante, engagée dans la transition écologique dont la vocation est de produire des connaissances fiables sur les polluants atmosphériques et les gaz à effet de serre et d’accompagner les décideurs publics et privés.
Une décarbonation qui s’essouffle !
La France a réduit ses émissions de presque sept mégatonnes de CO2 en 2024, mais pas assez pour arriver à l’objectif de réduire de moitié les émissions d’ici à 2030. Dit autrement, la décarbonation de l’hexagone s’essouffle. Le gouvernement vient de prendre conscience en convoquant en urgence le conseil de planification écologique pour rectifier le tir. Il était temps !
Dans un récent rapport, France Stratégie a réévalué « la valeur de l’action climat » qui est un indicateur qui permet d’apprécier le gain socio-économique pour chaque tonne de carbone évitée. Cet indicateur technique utile guide l’action publique. En six ans, la tonne de CO2 évitée est ainsi passée de 197 euros à 256 euros en 2025, ce qui signifie que toute action qui nécessite d’investir moins de 256 euros pour éviter l’émission d’une tonne de carbone est rentable pour l’économie. Outil d’aide à la planification, la valeur de l’action pour le climat constitue une référence qui vise à s’assurer que la transition écologique est sur le bon chemin d’une décarbonation au meilleur coût. Elle ne doit pas être confondue avec aucune taxation car elle n’a rien à voir avec la taxe carbone.
Une ambition climatique européenne
« La planification écologique doit reposer sur une évaluation robuste. Une trajectoire de valeur de l’action pour le climat permet à l’État et à l’ensemble des parties prenantes engagées dans la décarbonation de disposer d’une référence commune pour concevoir et mettre en œuvre les actions les plus efficaces », souligne Alain Quinet, président de la commission sur la valeur de l’action pour le climat.
L’Union européenne a pris aussi du retard dans ses engagements. Elle n’a pas publié sa feuille de route climatique (NDC) pour 2035, laissant filer le délai limite. Ainsi, elle aura du mal à tenir ses objectifs climatiques, visant en 2040 une baisse de 90 % des émissions de CO2 par rapport à 1990. Il est donc, essentiel que l’Europe se dote d’un nouveau plan climatique consistant pour jouer un rôle leader à la prochaine conférence de l’ONU sur le climat (COP30) en novembre au Brésil. Au regard de la situation internationale, avec le retrait des États-Unis de l’accord de Paris, l’Europe devrait donner l’exemple et afficher une ambition climatique.





























