Le 30 juin prochain se déroulera la 4e édition de l’Operating Partners Day à Paris.
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Le 30 juin prochain se déroulera la 4e édition de l’Operating Partners Day à Paris, sous le signe du changement. Entretien avec Isabelle Saladin, fondatrice d’I&S Adviser. 

Quelles sont les missions, problématiques et qualités, de l’operating partner ? Comment son rôle a-t-il évolué ? 

C’est un métier qui est créé par les Américains lors de la crise financière de 2008, pour aider les CEO d’entreprises à garder le cap. Outre-Atlantique, c’est très connu, il y a très peu de CEO qui n’ont pas d’operating partner. Regardez Didier Deschamps et Kylian Mbappé. Le premier ne prend pas la place de l’autre sur le terrain, mais il le soutient, d’autant plus qu’il a lui-même connu les épreuves par lesquelles le second est passé. L’un ne prendra jamais la place de l’autre. Quand Mbappé brille, Deschamps reste dans l’ombre. L’operating partner est une figure de l’ombre.

Isabelle Saladin

Il faut à la fois des hard skills, c’est-à-dire l’expérience de s’être cassé les dents en créant des entreprises ou en les dirigeant, mais aussi des soft skills, c’est-à-dire la posture : rester dans l’ombre, s’engager sur les résultats sans prendre leur place. L’humilité et le respect de l’expérience dans le contexte actuel demandent de témoigner de nombreuses soft skills.

L’un des nouveaux défis, c’est l’IA, qui s’impose partout et très vite. Est-ce que ça laisse entrevoir une transformation beaucoup plus profonde de votre métier ? Quelle est votre plus-value ? 

L’IA est un outil pour l’operating partner, c’est-à-dire qu’on va gagner du temps sur des sujets d’analyse, par exemple. Mais l’operating partner n’est pas un conseiller, il est dans l’action, et il y a l’engagement de résultats. Est-ce que l’IA va s’engager sur les résultats ? Le jour où l’IA remplacera l’operating partner, ça voudra dire qu’il n’y aura plus d’entrepreneurs.

Et c’est un outil que nous devons maîtriser dans notre métier, mais aussi pour le dirigeant. Quand il nous parle de l’IA, il évoque la productivité dans son entreprise ainsi que le pivot de son modèle économique. Nous devons donc absolument connaître les évolutions de l’IA, non seulement en France et en Europe, mais aussi à l’international.

Dans ce monde instable, observez-vous une tendance à davantage solliciter les operating partners pour lancer des projets ou accompagner des transitions ?

Dans ces moments d’incertitude, d’instabilité, c’est là que le métier devient d’autant plus indispensable. Ce que l’on remarque le plus, c’est cette idée de « faire plus avec moins ». Les tensions géopolitiques nous poussent à revenir sur nous-mêmes, mais d’une façon presque schizophrénique : comme le marché est en crise, il faut aussi regarder ailleurs. Il y a donc une véritable analyse de la productivité des pays, des visions, mais surtout des capacités d’exécution. Par conséquent, nous sommes de plus en plus sollicités pour la validation des plans de transformation et leur exécution.

Les Américains ont créé ce métier à la suite d’une crise. J’ai importé et adapté le modèle en France. En revanche, les raisons pour lesquelles il est né et continue d’exister n’ont pas changé.

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