Gaël Rivière, droit au but

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Non-voyant de naissance, Gaël Rivière quitte La Réunion, son île natale, pour se rendre à Paris où il se lance dans le cécifoot, en parallèle de sa carrière d’avocat. Un pari gagnant. En 2006, il rejoint l’équipe de France de cécifoot, avec laquelle il remporte deux championnats d’Europe et obtient une médaille d’or aux Jeux paralympiques de Paris. Aujourd’hui à la tête de la Fédération française Handisport (FFH), il veut en finir avec l’idée selon laquelle handicap rime avec incompétence.

Comme beaucoup d’autres, Gaël Rivière est « un enfant de 1998 ». La Coupe du monde, au-delà du jeu, fédère les Français. Petit, déjà, Gaël n’est pas dans la starification d’un joueur ou d’une équipe – exception faite de l’équipe de France – mais il est séduit par « la dramaturgie d’un match ».

Le jeune Gaël, dix printemps, se découvre une véritable passion pour le football. Très vite, il trouve une astuce pour jouer avec ses amis voyants : enrouler le ballon dans un sac en plastique pour se guider grâce au bruit. « Rétrospectivement, ce n’était pas très écolo… », ironise-t-il. Il joue au cécifoot avant même de connaître l’existence de la pratique.

Issu d’un milieu modeste, Gaël est bon élève et s’oriente vers une voie scientifique. Alors qu’il est en seconde, il fait le choix décisif de quitter La Réunion pour jouer au cécifoot à Paris tout en poursuivant ses études. Soutenu par sa famille, Gaël Rivière débarque dans la capitale à l’âge de quatorze ans : un véritable choc sensoriel ! Gaël passe du chant des oiseaux, au bruit du métro et aux odeurs de pollution. Mais la capitale est aussi source d’indépendance et d’émancipation pour l’adolescent. « À La Réunion la voiture est indispensable pour se déplacer, je devais toujours demander à quelqu’un de m’emmener. À Paris, les transports en commun offrent une liberté de déplacement illimitée. »

Durant ses études, Gaël alterne entre des établissements spécialisés pour les non-voyants et des établissements « classiques ». En Terminale, il intègre l’équipe de France de cécifoot, après avoir été repéré par un sélectionneur.

Du terrain au prétoire

« Je ne me suis jamais considéré comme un athlète professionnel parce que j’ai toujours su que je ne pourrais pas vivre du sport. » Alors qu’il porte déjà le maillot de l’équipe de France, Gaël obtient un premier Master en droit des affaires et fiscalité et un second en droit bancaire, et major à deux reprises, même s’il ne l’évoque pas spontanément : « Je viens d’un sport collectif, j’ai du mal avec les distinctions individuelles. »

Depuis octobre 2017, Gaël Rivière exerce comme avocat au sein du cabinet Bredin Prat. Le point commun entre sa carrière d’athlète et son métier d’avocat ? Rester performant sous la pression.

Après avoir décroché la médaille d’or aux Jeux paralympiques de Paris, Gaël Rivière a été nommé président de la Fédération Française Handisport fin 2024. Une nouvelle casquette qui lui permet de porter un engagement fort : « J’ai envie que la Fédération agisse contre le validisme qui considère que les personnes en situation de handicap sont moins aptes que les autres. Les mentalités doivent changer. »

LISA BEGOUIN

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