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Le harcèlement : un sujet sociétal qui dépasse toutes les frontières… Et les sportifs en sont aussi victimes ! Plus que l’amour et la passion du sport, la frustration de la défaite peut déraper. Elle se transforme parfois en cyberharcèlement, une réalité que 85 % des athlètes ont déjà subie.
Ils sont 85 % à avoir été victimes de cyberviolences, dont du cyberharcèlement, d’après une étude du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). « Le cyberharcèlement est aujourd’hui un phénomène sociétal majeur, en constante augmentation, qui traverse tous les espaces de la vie publique. Le sport, malgré les valeurs qu’il incarne, n’est pas immunisé : athlètes et acteurs sportifs sont de plus en plus exposés à des vagues de haine et de violences en ligne », explique Philippe Coen, président de l’ONG Respect Zone.
Cette violence en ligne contre les sportifs, qui s’aggrave encore avec les réseaux sociaux, provient principalement… des paris sportifs ! Et la violence est souvent proportionnelle à la mise en jeu.
Le sport déchaîne les passions… dans tous les sens du terme
« Le sport a toujours suscité des passions fortes. Le supportérisme a parfois été excessif, bruyant, voire agressif. Ce qui change aujourd’hui avec les réseaux sociaux, c’est l’ampleur et la permanence de la violence. Aucune défaite, aucun résultat, aucun pari perdu ne justifie l’insulte, la menace ou le harcèlement », a déclaré Julien Brun, directeur général de Betclic Group. Là est le point de départ de la nouvelle campagne de lutte contre le cyberharcèlement lancée par Betclic. Pour sensibiliser et prendre des mesures disciplinaires, le géant français des paris sportifs en ligne a lancé une nouvelle campagne. Elle est menée en partenariat avec des fédérations sportives (football, handball, rugby, tennis et volley-ball). Ainsi qu’avec des ligues professionnelles (basket, rugby et volley-ball). Objectif : changer les mentalités !
Cette campagne ne sort pas de nulle part. Plusieurs athlètes ont pris la parole pour dénoncer cette vague de haine en ligne. Comme Gaël Monfils, tennisman français, qui s’insurge contre des insultes, et souvent racistes, à la suite de ses défaites. « Je joue contre Alex Michelsen, 20 ans, 35e mondial et vous voulez parier sur moi ? Vous me dites que je suis nul, je le sais, vous le savez et vous pariez sur moi ? Qui est le débile entre vous et moi ? », ironise-t-il après sa défaite lors du premier match de la saison sur gazon. Plus récemment, à la suite d’une prestation ratée lors des Jeux olympiques d’hiver, le patineur artistique américain Ilia Malinin – qui était pressenti pour la médaille d’or – s’est retrouvé sous le feu des critiques. « Vos plus beaux souvenirs peuvent être ternis par le tumulte ambiant. La haine en ligne, vile et virulente, s’attaque à l’esprit et la peur l’entraîne dans les ténèbres, malgré tous vos efforts pour garder la tête froide à cette pression insoutenable », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux.
Maintenant, c’est tolérance zéro
Le cyberharcèlement fait d’autant plus de bruit que les paris sportifs sont de plus en plus nombreux. Les paris sportifs ont confirmé leur dynamisme en 2025, avec des chiffres en hausse, d’après l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Près d’un Français sur deux serait joueur, et les mises jouées augmentent, elles aussi. Plus de 15 % de hausse au premier semestre de 2025, par rapport à l’année passée à la même période… malgré l’absence de compétitions sportives majeures. Reste à imaginer qu’avec les Jeux d’hiver et la Coupe du monde de football à venir, les chiffres se préparent à exploser. Une enquête du Comité Français du Fair-Play (CFFP), en 2024, révèle que 75 % des personnes interrogées reconnaissent que c’est de leur faute s’ils perdent un pari. Mais 24 % attribuent la responsabilité de cette défaite aux joueurs, 13 % aux arbitres et 8 % aux entraîneurs… Une mentalité qui doit évoluer, une bonne fois pour toutes.
En guise de premier pas, Betclic veut renforcer la responsabilité numérique des parieurs. Le groupe renforce sa modération : suppression rapide des commentaires et signalements et bannissements de comptes. Certains cas seront même signalés aux autorités compétentes, selon leur gravité. Il modifie aussi ses conditions d’utilisation, en interdisant plus explicitement les propos violents, menaçants ou insultants à l’égard des sportifs. Et à destination des athlètes, la plate-forme met aussi en place des kits, conçus avec l’ONG Respect Zone. Ils aident à sécuriser leurs comptes, identifier les signaux d’alerte, et connaître les procédures adéquates de signalement.
Une opération qui vise à toucher, dans un premier temps, les 5,5 millions de joueurs sur Betclic (en France, Côte d’Ivoire, Pologne et Portugal). Et ce n’est que le début ! D’autres campagnes sont déjà prévues : « Quand on aime le sport, il y a des lignes à ne pas franchir », un rappel plus que nécessaire pour ces parieurs. « La passion du sport est une force, qui doit nous rassembler, mais ne jamais nuire à celles et ceux qui le font vivre », rappelle Julien Brun.








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