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Qui ? Coline.care
Quoi ? une plate-forme d’accompagnement des salariés
À la recherche de sens. C’est ce qui décrit le mieux le concept de Coline.care, qui a vu le jour en 2021, grâce au travail de Mathilde Murzeau et Jonathan Boudault. Cette entreprise de l’économie sociale et solidaire accompagne les entreprises dans l’amélioration du bien-être de leurs salariés et le maintien dans l’emploi des personnes confrontées à un problème de santé. « Avec Mathilde, on est amis depuis 15 ans. Il y a une dizaine d’années, elle a été touchée par une maladie chronique assez stigmatisée en France. Elle est passée par des arrêts maladie, puis des retours au travail. Ça s’est plus ou moins bien passé, mais elle a senti un décalage entre l’avant et l’après », explique Jonathan Boudault.
« Indirectement, ça joue sur la productivité »
47 % des salariés se disent en détresse psychologique, d’après le baromètre 2025 « État de santé psychologique des salariés français ». « Quand on regarde dans un open space, on a l’impression que tout le monde va bien, et finalement ce n’est pas toujours le cas », alerte Jonathan Boudault. Et les chiffres l’attestent : 80 % des handicaps sont considérés comme invisibles en France, ce qui toucherait environ 10 millions de personnes.
C’est là que Coline.care entre en jeu, en mettant en relation des salariés avec des patients externes. « Ce sont des personnes qui sont concernées par un défi de santé, comme un cancer, une endométriose, un TDAH… Elles sont formées pendant douze mois, ce qui leur permet d’obtenir une validation d’un directeur universitaire. Elles peuvent alors accompagner d’autres salariés qui sont concernés par la même situation », explique-t-il.
C’est une mission qui a débuté auprès des grandes entreprises, plus ouvertes à ces types d’aides. « Ce sont des entreprises qui avaient déjà une mission handicap, qui étaient actives. Il leur manquait un “petit truc” en plus. Aujourd’hui, les entreprises ont souvent des lignes d’écoute psychologique, mais elles ne sont pas toujours très utilisées parce qu’on ne sait pas avec qui on parle. Il n’y a pas non plus de suivi des personnes, donc il est difficile de comprendre ce qu’elles traversent », souligne le cofondateur. Pour l’entreprise, l’avantage est double : « Le bénéfice premier, c’est de faire en sorte que ses salariés se maintiennent en emploi. Le fait d’en parler avec un pair, avec un patient expert qui est passé par les mêmes étapes, va les aider à savoir de quoi ils ont besoin, ça va limiter l’absentéisme. Et indirectement, ça joue sur la productivité. »
Des objectifs ambitieux
« Aujourd’hui, on travaille avec une vingtaine de grands groupes, comme Engie, Dometis, AG2R, H&M, Mango, ou Harmonie Mutuelle… », souligne Jonathan Boudault, au sein d’une petite équipe de cinq salariés, avec un réseau de patients externes indépendants de 50 à 60 personnes. Cet accompagnement, financé par l’entreprise, est gratuit et confidentiel pour les salariés. Et Coline.care continue de faire son chemin, et espère atteindre les 500 000 euros de chiffre d’affaires d’ici à la fin de l’année.
Un enjeu crucial, la sensibilisation. « Si les managers ne sont pas formés, s’ils ne savent pas ce que c’est qu’un handicap ou s’ils ont toujours des idées reçues, on va avoir un problème. Il y aura un trou dans la raquette ». En parallèle, Coline.care propose aussi du recrutement, depuis 2025, pour « permettre à une entreprise de mettre en valeur ses valeurs, ses engagements inclusifs, de montrer, de faire savoir qu’elle est handi-accueillante », explique Jonathan Boudault. « On publie des annonces pour mettre en relation des entreprises inclusives avec des candidats qui sont concernés par un défi de santé. Le but, c’est que Coline soit vraiment un tiers de confiance et connecte les deux parties ».
La start-up voit toujours plus loin. « En 2026, on sort un nouveau module qui va permettre aux entreprises de piloter de A à Z leur politique handicap. C’est une sorte de SIRH vraiment spécialisé qui va permettre de suivre l’ensemble des salariés concernés par un défi de santé », se réjouit Jonathan Boudault. L’objectif reste le même : comprendre les besoins des salariés pour favoriser un aménagement « matériel, organisationnel et émotionnel ».
































