Temps de lecture estimé : 2 minutes
Qui ? YumTravel
Quoi ? Une plate-forme de partage de repas chez l’habitant
« Les meilleurs souvenirs de voyage ne naissent pas devant un monument ». Convaincue de pouvoir enrichir les voyages par les souvenirs, Annick Boisset lance YumTravel début 2025. Forte de ses précédentes expériences en tant que codirectrice d’une compagnie de danse contemporaine et programmatrice d’un festival de danse, elle se lance dans un nouveau projet ambitieux : transformer un simple repas en une expérience pour les voyageurs.
Aidée par plusieurs incubateurs, dont Savoie Technolac du Bourget-du-Lac et Slow Lab Tourisme de Troyes, son projet voit le jour et est même lauréat du programme Alpes Tourisme Lab 2026.
« Une relation un peu plus authentique »
À l’origine du projet se trouve une expérience personnelle jugée décevante lors de ses voyages. « C’est né d’une frustration, parce que j’ai pas mal voyagé et je suis assez gourmande. J’aime bien rencontrer les cultures par la cuisine ! Et je trouve que, selon les destinations et les restaurants, les plats étaient plutôt façonnés au goût des Occidentaux. Ce n’étaient pas les saveurs que l’on pouvait imaginer », explique-t-elle. À chaque problème sa solution, et Annick Boisset décide de s’investir dans un tout nouveau projet pour permettre aux voyageurs de s’immerger à 100 % dans d’autres cultures, notamment par la cuisine.
78 % des Français veulent que leurs dépenses en vacances bénéficient aux communautés locales. Ils cherchent à vivre des expériences authentiques et ancrées dans la culture, d’après les données de Booking.com, Atout France et Regiondo. « En mangeant chez l’habitant, on développe une relation un peu plus authentique, en tout cas grâce à la nourriture », assure la cofondatrice.
Un système basé sur l’échange
YumTravel, c’est presque un échange de bons procédés entre un habitant local et un visiteur. « Le repas, c’est le prétexte. On peut servir une quiche et une salade, et le repas sera peut-être super sympa, parce que l’attente des visiteurs est dans la rencontre, plus que dans ce qu’il y a dans l’assiette », souligne Annick Boisset. « L’idée, ce n’est pas que la personne chez qui je viens manger soit prestataire et que le voyageur qui vient manger soit client ».
Mais cette gratuité s’annulera avec le temps. Par contre : « C’est gratuit pour ceux qui proposent un repas, et payant pour ceux qui n’en proposent pas. Pour jouer le jeu de la réciprocité sans payer, il suffit de créer une offre de repas et de proposer cette expérience en retour », précise la fondatrice. Pour les plus réticents, elle rappelle qu’il n’est aucunement obligatoire de recevoir chez soi : « Il y a des annonces qui proposent un pique-nique dans un parc ou sur une plage. Ça peut aussi être un goûter ou un apéro. On doit proposer quelque chose qui nous correspond. »
Un futur déjà tout tracé ?
YumTravel, c’est un projet toujours en cours de développement, qui prend forme petit à petit. Et pour ce qui est de la sécurité : « Chaque annonce est vérifiée. Et on va mettre en place un système avec un passeport ou une validation de carte d’identité ». La plate-forme propose aussi un système de notation : « S’il y a une note en dessous de 2,5, une alerte me permet de mener une enquête et de bannir la personne si besoin. »
Par son travail, Annick Boisset souhaite aussi promouvoir des valeurs qui lui sont chères, notamment en cherchant à valoriser l’entrepreneuriat féminin. « À l’origine, j’étais toute seule sur le projet. Après, je me suis entourée de femmes, en freelance. Ce sont des rencontres qui se sont nouées au fil de l’eau, mais ça me tenait à cœur d’encourager l’entrepreneuriat féminin », explique-t-elle. Si elles sont de plus en plus présentes, elles restent encore en marge de ce monde de l’entrepreneuriat. 39 % des créations d’entreprises sont portées par des femmes, d’après le baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes en France… Toujours insuffisant.
D’ici à l’automne 2026, Annick Boisset souhaite pouvoir se lancer dans du crowdfunding, puis envisage une campagne de levée de fonds courant 2027. En 2028, il sera question d’ouvrir sa plate-forme à un maximum de pays. « YumTravel propose déjà 105 repas actuellement, essentiellement en France. Nous avons une dizaine de pays déjà inscrits : Algérie, Belgique, Égypte, États-Unis, Équateur, Italie, Mexique, Pays-Bas, etc. »






























