Éric Mension Rigau, entreprendre avec noblesse

Le professeur Éric Mension Rigau aux côtés d'Henri Prévost, économiste et fondateur de BSPK. (Crédits : BSPK).

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le professeur Éric Mension Rigau interviendra le 23 mai à Nivelles (Belgique) dans le cadre des 42e Rencontres Stratégiques du Manager, le cycle de conférences initié par l’économiste Henri Prévost, fondateur du cabinet de conseil BSPK et dont la première édition avait été inaugurée par le Général Pierre de Villiers.

Rester noble dans le monde des affaires. C’est le titre de l’ouvrage d’Éric Mension Rigau, récemment paru aux éditions Passés/Composés.

Nicolas de Tavernost, Augustin de Romanet, Henri de Castries, Jean-Dominique Sénard… Les noms nobles foisonnent dans les hautes sphères de l’économie française. Un hasard ? Pas forcément. Dans son ouvrage fort instructif et bien mené, Éric Mension Rigau, normalien et très fin connaisseur des arcanes de la noblesse française, revient sur le parcours de ces aristocrates entrés dans le monde de l’entreprise comme d’autres entrent en religion.

La noblesse, gage d’un meilleur dialogue social

Une révolution copernicienne, tant il fut longtemps mal vu, dans ces milieux, d’aller « gagner de l’argent », activité souvent ramenée au rôle du boutiquier, tout juste bonne pour les parvenus que sont les bourgeois. La figure de l’aristocrate ruiné, excentrique et vaguement artiste, semble ainsi appartenir au siècle dernier… L’oisiveté parfois observée chez Proust n’est donc plus de mise.

La noblesse se serait donc convertie – par nécessité pécuniaire – aux passions bourgeoises ? Les frontières qui prédominaient jadis s’en retrouveraient par conséquent réduites à néant ? Ce n’est pas certain du tout. Éric Mension Rigau montre avec la force du détail qu’avoir un patron aristocrate n’est souvent pas anodin, qu’il existe ainsi une véritable culture de la noblesse dans les affaires. Elle s’appuie d’abord sur la certitude héritée du monde d’hier : un dirigeant a davantage de devoirs que de droits. Les aristocrates avaient autrefois leurs « gens », et sont souvent, aujourd’hui, de bons apôtres du dialogue social. Jean-Dominique Sénart, chez Michelin et Renault, en est un parfait exemple.

Une même volonté de « redorer le blason »

L’aristocrate nourrira moins facilement le « complexe de supériorité » vis-à-vis de ses employés, si souvent l’apanage des arrivistes, boursicoteurs et autres nouveaux riches aux dents qui rayent le parquet… L’aristocratie sait ce qu’elle doit au temps long et inscrit plus souvent son action dans la durée, faisant fi des difficultés de l’instant. N’oublions pas le goût du combat si souvent inscrit dans leurs gênes chevaleresques. Cela peut être utile pour aller dégoter de nouveaux contrats…

« La vengeance est un sentiment noble », écrivait Dumas. Vengeance, c’était peut-être aller un peu loin, mais revanche, certainement. Le monde aristocratique en France a en effet une revanche à prendre sur l’ordre établi depuis 1789 par la haute bourgeoisie, laquelle parvint à imposer ses valeurs. Nombre de jeunes aristocrates d’aujourd’hui sont ainsi nés dans des familles plus ou moins ruinées, tenues à l’écart du pouvoir, demeurant dans leurs châteaux comme les artéfacts d’un monde abandonné. Cela alimente évidemment l’esprit de revanche, beaucoup d’entre eux ont envie de « redorer le blason » des aïeux.

Préserver les valeurs d’hier, s’adapter au monde d’aujourd’hui

noblesseAu-delà d’une étude sociologique sur la noblesse dans les affaires – déjà passionnante en elle-même – Éric Mension Rigau donne des clefs à tout un chacun. Oui, nous pouvons tous, dans notre quotidien, appliquer certains comportements qui assurèrent le succès des anciennes élites. Dans un monde bouleversé et parfois décadent, la noblesse parvient plus souvent qu’à son tour à conserver certaines valeurs salvatrices qui s’appellent le courage, la fidélité et l’honneur. Pas de doute en lisant Éric Mension Rigau, érudit à la plume agréable et toujours pertinente ; la noblesse constitue toujours une élite.

Les lecteurs qui voudront s’en convaincre auront deux façons de le faire : d’abord en achetant son livre, et s’ils le peuvent, en se rendant à l’événement organisé le 23 mai 2024 à Nivelles – belle ville belge – avec le concours du cabinet de conseil BSPK, sous l’égide d’Henri Prévost.

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