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Et si le syndrome de Diogène ne se limitait pas qu’aux appartements encombrés ? Derrière des bureaux saturés de dossiers, des ordinateurs aux fichiers jamais triés, ou des employés qui s’isolent progressivement, se cache parfois une détresse plus profonde. C’est ce qu’on appelle : le syndrome de Diogène professionnel.
Le monde professionnel moderne fait face à une manifestation particulière d’un trouble comportemental bien connu : le syndrome de Diogène. Cette pathologie, traditionnellement observée dans la sphère privée, trouve un terrain d’expression au sein des entreprises. Les spécialistes identifient ce phénomène sous l’appellation de « syndrome de Diogène professionnel », soulevant ainsi d’importantes questions sur la santé mentale au travail et la gestion des espaces professionnels.
Du foyer au travail
On estime qu’en France, une personne sur 2 000 serait touchée. Et il n’est pas à exclure que celles et ceux qui en souffrent l’exportent au travail. Le syndrome de Diogène classique se manifeste par une accumulation anormale d’objets, accompagnée d’une négligence extrême de l’hygiène, et d’un isolement social profond.
Dans l’environnement professionnel, ces symptômes peuvent se manifester sous différentes formes. Une personne atteinte du syndrome de Diogène sera surtout en incapacité de gérer le flux d’information et de ressources matérielles. Elle voudra conserver tous les documents qu’elle a en sa possession sous toutes ses formes (papier ou numérique), de peur de passer à côté d’une information importante.
On finit donc par observer une disparition progressive du bureau sous des tonnes de documents, ainsi qu’une boîte mail saturée chez les travailleurs touchés. Un cercle vicieux commence alors à s’installer : le désordre engendre plus de désordre. Le moindre espace disponible sera comblé par des effets personnels, des documents ou des fournitures.
Une vie d’entreprise qui peut vaciller
La baisse de productivité chez un travailleur touché par le syndrome de Diogène professionnel peut vite devenir alarmante. Au milieu de la paperasse, il devient impossible de retrouver un document précis. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ! Ce temps perdu entraîne de l’inefficacité dans la gestion des ressources et un ralentissement des processus collaboratifs. Soit un coût caché mais réel pour l’entreprise. Les risques d’erreurs et d’oublis augmentent proportionnellement au niveau de désorganisation.
La sécurité en est aussi impactée. L’accumulation excessive d’objets ou de documents accroît le risque de chute, favorise le déclenchement d’un incendie et peut compromettre l’accès aux issues de secours. Cette situation met à rude épreuve le climat social d’une entreprise. Les tensions entre collaborateurs s’installent, l’image des personnes concernées se dégrade, rendant la collaboration de plus en plus difficile.
Mais il existe des solutions pour se sortir de cette situation. Plus la détection des signes du syndrome est précoce, plus il est facile d’intervenir. « Les personnes ayant un syndrome de Diogène semblent avoir besoin de tout mais ne demandent rien », décrivait le Dr. Monfort dans les colonnes du Journal des Femmes. C’est pour cela qu’il est important pour un manager d’observer attentivement, dans la mesure du possible, des changements de comportement et de faire une évaluation régulière des espaces de travail.
En revanche, il est compliqué de détecter l’accumulation et la désorganisation numérique. Mais on peut les prévenir. En effet, les travailleurs n’ont pas toujours été formés à la bonne manière de ranger leurs documents numériques. Des formations peuvent être la solution. Les collègues de travail peuvent également contribuer positivement à la situation, en maintenant une communication bienveillante et en respectant les frontières personnelles. Le signalement de ces comportements doit s’accompagner d’un soutien sans jugement, pour une prise en charge plus efficace.




























