Bullshit job
Crédits : Shuttertsock

Temps de lecture estimé : 2 minutes

De plus en plus de salariés disent exercer un métier qu’ils jugent inutile ou dénué de sens. Popularisé par l’anthropologue David Graeber, le concept de « bullshit job » désigne ces emplois dont l’utilité est remise en question par ceux qui les occupent. Un phénomène qui interroge aujourd’hui le rapport au travail.

Dans un monde professionnel où la quête de sens prend de plus en plus de place, certains salariés ont le sentiment d’effectuer des tâches inutiles ou sans impact concret. Le terme « bullshit job », apparu au cours des années 2010, permet de mettre des mots sur ce malaise et soulève des questions sur l’organisation du travail.

Des emplois jugés inutiles par les salariés

Le concept de « bullshit job » a été développé par l’anthropologue américain David Graeber dans son ouvrage publié en 2018. Il définit ces emplois comme des postes « si totalement inutiles, superflus ou néfastes que même le salarié ne peut justifier leur existence ». Cette définition est notamment reprise par l’université de Genève dans ses travaux sur le sens au travail. Selon leur étude menée sur ce sujet, qui relaie une enquête de l’institut YouGov, 37 % des salariés britanniques estimaient que leur travail n’apportait aucune contribution utile à la société. Ce chiffre montre que certains employés peinent à percevoir l’utilité de leurs missions. Réunions répétitives, rapports jamais lus ou tâches administratives excessives peuvent alimenter ce sentiment d’inutilité.

David Graeber identifie plusieurs catégories de ces emplois. Certains salariés occupent des postes créés uniquement pour répondre à des logiques hiérarchiques, tandis que d’autres effectuent des tâches qui pourraient être supprimées sans conséquence réelle. Tous ne vivent pas cette situation de la même manière, mais beaucoup ressentent une forme de décalage entre leur activité quotidienne et son utilité.

Une perte de sens qui pèse sur le quotidien

Le principal effet du « bullshit job » est la perte de motivation. Lorsqu’un salarié ne comprend plus l’intérêt de son travail, il peut ressentir de la frustration ou un manque d’accomplissement. Le média HelloWork explique que ce sentiment peut entraîner une baisse de l’engagement et une dégradation du bien-être au travail.

La question du sens est devenue centrale dans le monde professionnel. L’université de Genève souligne que les salariés recherchent désormais davantage qu’une rémunération : ils souhaitent comprendre leur rôle et avoir le sentiment de contribuer à un projet utile. Cette attente est particulièrement présente chez les jeunes générations. David Graeber résume cette idée dans une phrase souvent reprise : « Une société qui repose sur des emplois inutiles est une société profondément malade. » Cette citation montre que le travail ne représente pas seulement une source de revenus… Face à ce phénomène, certaines entreprises tentent aujourd’hui de redonner du sens aux missions confiées aux salariés. Une meilleure communication, davantage d’autonomie ou des objectifs plus clairs peuvent contribuer à renforcer le sentiment d’utilité et l’épanouissement au travail.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.