Revenge quitting
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Jusqu’alors, quand on quittait une entreprise, on essayait de le faire de façon apaisée – dans la mesure du possible. Place désormais au revenge quitting où il faut faire entendre et comprendre à son patron pourquoi on ne reviendra plus. Plus qu’une démission, c’est un signe de protestation et de vive contestation du mode de management.

La démission par vengeance. C’est la traduction française de ce phénomène de « revenge quitting » qui est apparu aux États-Unis post-pandémie et qui commence peu à peu à émerger en France. Dans l’hexagone, les chiffres sont alarmants : plus d’un tiers des salariés aimeraient quitter leur poste actuel. Derrière l’annonce fracassante de la démission, l’objectif est avant tout de dénoncer un environnement de travail jugé malsain.

Un départ en fanfare signe de mécontentement

« Le revenge quitting (…) s’inscrit dans une évolution plus large des attentes des salariés. Contrairement au quiet quitting, qui consiste à se détacher discrètement de son travail, le « revenge quitting » vise à faire une déclaration forte et volontaire à travers un départ spectaculaire. Il reflète une frustration profonde, souvent alimentée par une mauvaise communication, des promesses non tenues, un environnement de travail toxique et/ou un manque de reconnaissance de sa hiérarchie », pose Ryne Sherman, directeur scientifique chez Hogan Assessments, spécialisé dans les comportements en entreprise, dans les colonnes de Courrier Cadres.

Dans le détail, les principales raisons qui mènent au revenge quitting sont la dégradation de l’environnement de travail, un management toxique, un déséquilibre entre la vie personnelle et professionnelle ou encore le manque de perspective d’évolution. Et nouveauté ces dernières années : le décalage perçu entre les valeurs de l’entreprise et la réalité, notamment en matière de RSE.

Pour faire entendre leur mécontentement, les employés annoncent publiquement leur démission à toute la boite sans se cacher, voire sur les réseaux sociaux. L’objectif ? signifier que l’on ne part pas de notre fait mais à cause d’un dysfonctionnement interne.

Prévenir le revenge quitting

« La bonne nouvelle ? La situation est loin d’être irrémédiable », rassure l’expert, cette fois dans les colonnes de RH Info. Plusieurs stratégies peuvent être déployées pour éviter le revenge quitting – et par là le turn over au sein de l’entreprise. D’abord, il faut se mettre à la page et comprendre les attentes – parfois en rupture par rapport à avant – de la nouvelle génération. Ce qui était autrefois considéré comme exceptionnel : des horaires de travail aménagés, du télétravail, devient la norme.

« Pour éviter ce scénario, les entreprises doivent adopter des politiques transparentes, offrir une vraie flexibilité, et créer de bons mécanismes pour recueillir les commentaires de leurs employés. Les entreprises qui écoutent et s’adaptent à l’évolution des besoins du personnel retiendront plus facilement leurs salariés, et consolideront par la même occasion leur réputation en tant qu’employeur », ajoute Ryne Sherman.

Sans surprise, la clé réside dans le leadership. Face au quiet revenge, les managers jouent un rôle central dans la capacité des entreprises à maintenir l’engagement de leurs équipes. Les collaborateurs encadrés par un responsable calme, à l’écoute et bien organisé affichent un taux d’engagement jusqu’à trois fois supérieur. Investir dans le développement du leadership ne constitue donc plus un simple levier de performance : c’est devenu un enjeu essentiel. « Créer un climat de sécurité psychologique n’est pas une initiative relevant simplement des RH, c’est un véritable impératif commercial », conclut l’expert.

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