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Trop bon trop c…, pas cette fois ! On a longtemps cru que la bienveillance n’avait pas sa place dans le monde de l’entreprise. Et si c’était tout le contraire ? Elle peut être utilisée comme un atout, voilà ce que propose le care leadership.
Le care leadership, c’est l’idée de manager ses équipes avec bienveillance et empathie plutôt qu’avec l’autorité comme seul outil. C’est aussi, et peut-être surtout, un état d’esprit. Celui de maintenir ses collaborateurs bien dans leur tête et à l’aise dans leur travail. « C’est un mode de management fondé sur l’empathie, sur la capacité à se mettre à la place des collaborateurs pour mieux les comprendre », résume Vincent Klingbeil, cofondateur d’European Digital Group (EDG), dans Les Échos, et élu « Entrepreneur de l’année » en 2025 lors des Trophées ÉcoRéseau.
Cette approche trouve son origine dans l’éthique du « care », qui se développe dans des travaux de psychologie. Cette notion est introduite par Carol Gilligan en 1982 dans son ouvrage In a Different Voice : Psychological Theory and Women’s Development. Des sciences humaines, cette éthique s’est déplacée dans le monde de l’entreprise et le management.
Un levier de performance indéniable
« Care », en anglais, signifie littéralement « prendre soin ». En management, cela se traduit par une nouvelle posture : il n’est plus nécessaire d’être autoritaire ou froid avec ses équipes. On peut diriger en valorisant les individus et en acceptant d’autres points de vue que le sien. Cela contribue notamment à créer et à favoriser un espace de travail agréable et conciliant. Mais attention à ne pas confondre bienveillance et hypocrisie ! 44 % des salariés préfèrent recevoir un feedback réaliste et constructif, et seulement 11 % préfèrent recevoir un compliment, d’après une enquête de Fasterclass. La sincérité a son rôle à jouer.
Le care leadership est un vrai levier de performance. Un collaborateur en confiance, qui ose prendre des initiatives et proposer des idées, profite bien davantage à l’entreprise. Mais c’est aussi une manière de protéger la santé mentale de ses collaborateurs. « En France, comme ailleurs, le contexte géopolitique, la polarisation idéologique et l’érosion des certitudes ne sont pas sans conséquences sur la vie des collaborateurs, pris en étau entre éco-anxiété et peur du déclin, entre fin du mois et fin du monde », lit-on dans Les Échos. L’étude « HP Work Relationship Index » confirme l’importance de préserver la santé mentale et la motivation de ses équipes. De mauvaises relations avec le travail entraînent une baisse de la productivité et une dégradation de l’engagement pour 34 % des personnes interrogées qui disent être « moins productives », 39 % sont désengagées et 33 % se contentent du « strict minimum ».
Le mettre en place : ce n’est pas sorcier
Adopter le care leadership, ça s’apprend. Tout commence par l’empathie, le manager doit faire l’effort de se mettre à la place de ses collaborateurs, de comprendre ce qu’ils vivent et les motivent. Cela passe aussi par une communication claire en encourageant d’abord l’autoréflexion pour ensuite que les collaborateurs prennent du recul et mettent plus facilement des mots sur certaines choses. Reconnaître le travail et les contributions de chacun est un autre pilier essentiel. C’est une manière de valider l’engagement de ses collaborateurs, et de les encourager à poursuivre sur ce chemin là. Le care management est la clé pour encourager la croissance de l’entreprise sans pointer du doigt les erreurs de chacun. C’est une manière humaine de soutenir ses équipes, et qui profite à la productivité de l’entreprise.
Mais depuis la mise en place plus régulière du télétravail dans les entreprises, les managers doivent relever de nouveaux défis. La bienveillance à distance peut compliquer la communication entre le manager et le collaborateur. À travers un écran, un appel ou un mail, le langage corporel disparaît, et les signaux changent. Il est plus difficile de rester bienveillant, et il est nécessaire de développer une forme d’empathie virtuelle, avec des messages plus agréables pour ne pas envoyer les mauvais signaux. Pas de superficialité, mais une bienveillance intelligente, qui doit se partager quel que soit le support.


































