Discrimination à l'emploi
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Mardi 30 juin, le dispositif « Talents de France », qui cible les travailleurs des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et des zones rurales, a fait un point d’étape. Verdict : plus de 600 entreprises se sont déjà engagées à signer une charte qui comporte des objectifs chiffrés et précis.

« Je refuse que la naissance, le nom, le prénom ou l’adresse décident d’une vie. Je refuse cette géographie de l’injustice. La véritable égalité des chances ne consiste pas à promettre les mêmes droits à tous : elle consiste à faire en sorte que chacun puisse réellement les exercer, où qu’il vive et d’où qu’il vienne. C’est cette promesse que nous devons tenir et que nous tiendrons », dixit Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Le dispositif « Talents de France », justement lancé pour favoriser l’inclusion économique – aucun territoire ne doit être laissé de côté –, a présenté mardi 30 juin les conclusions de six mois de concertation. À cette occasion, Aurore Bergé, a reçu un rapport qui contient 30 propositions et signé, avec initialement plus de 500 entreprises, organisations et réseaux, une charte d’engagement en faveur de l’inclusion dans l’emploi. Mais le nombre d’entreprises qui s’engagent ne fait que grimper.

Une discrimination géographique, entre autres…

Les travaux menés dans le cadre de cette concertation mettent en évidence la persistance des inégalités d’accès au marché du travail. Dans les quartiers prioritaires, le taux de chômage reste plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. Les personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines sont, selon le gouvernement, près de trois fois plus exposées au risque de discrimination lors de leur recherche d’emploi. Dans les territoires ruraux, près d’un habitant sur trois déclare avoir déjà subi une discrimination liée à son lieu de résidence, une proportion qui dépasse deux jeunes sur trois chez les 18-24 ans.

Pilotée par Salomé Berlioux, fondatrice et directrice générale de Rura, et Saïd Hammouche, président de la Fondation Mozaïk, la concertation a mobilisé plus de 2 000 participants, parmi lesquels des entreprises, des associations, des collectivités, des partenaires sociaux, des acteurs de l’emploi et des citoyens. Deux groupes de travail nationaux, consacrés respectivement à la ruralité et aux quartiers prioritaires, ainsi que quinze groupes régionaux, ont élaboré 30 propositions destinées à lutter contre les discriminations à l’embauche et à favoriser l’égalité des chances sur l’ensemble du territoire.

Plus de 600 entreprises déjà engagées

Selon le ministère, plus de 500 entreprises ont signé la charte d’engagements de « Talents de France ». Elles représentent près d’un million de salariés. Plusieurs collectifs d’entreprises y ont également adhéré, portant à environ 20 millions le nombre de salariés couverts par les organisations signataires. « On a des entreprises qui s’engagent, pas sur une déclaration de principe, mais sur des engagements chiffrés, avec un suivi annuel de ces engagements », a déclaré Aurore Bergé lors de la présentation du dispositif.

Parmi les 600 entreprises engagées (pour le moment), on retrouve notamment L’Oréal, Sanofi, KPMG, La Poste, Orange, le groupe Oui Care, ou encore l’assureur Alan. Leurs objectifs ? atteindre 8 % de recrutements issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville et des territoires ruraux ; porter à 15 % la part des stages et des contrats d’alternance réalisés par des jeunes issus de ces territoires ; mobiliser 1 % de leurs effectifs dans des actions de mentorat, avec 30 % de bénéficiaires issus des quartiers prioritaires et des territoires ruraux ; former les recruteurs et les managers à la prévention des discriminations et mesurer régulièrement le sentiment d’inclusion au sein de leurs organisations. Pour accompagnement au mieux le recrutement inclusif, un outil a d’ailleurs été lancé, Le chemin de l’égalité est encore long, mais il progresse.

Rédacteur en chef. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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