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Pour le voyageur, le choix d’un hôtel relève du casse-tête, souvent de la loterie. Il est aussi important que la destination et les modes de déplacement. Le voyage est appelé à éviter la surproduction de déchets et à protéger les écosystèmes fragiles. Comme les autres secteurs, celui de l’hôtellerie est en train d’entamer sa transition écologique. Mais cette mue, en demi-teinte, tend lentement à rendre les hébergements résilients aux aléas climatiques. Par Ezzedine El Mestiri.
Selon les dernières données de l’Agence de la transition écologique (Ademe), le tourisme représente 11 % des émissions françaises de gaz à effet de serre (GES), 118 millions de tonnes de CO2 par an pour lesquelles l’hébergement contribue à 7 %.
Dans l’hôtellerie, cette transition présente encore des écueils et le citoyen a encore du mal à disposer d’une information fiable pour choisir son hébergement. Pourtant, le dispositif Éco-énergie issu de la loi ELAN de 2018, impose aux bâtiments de plus de 1 000 m² des réductions de consommation énergétique progressives : moins 40 % en 2030, moins 50 % en 2040, moins 60 % en 2050. Et pour accompagner les professionnels, des initiatives ne cessent de pulluler.
Des initiatives encourageantes
En 2024, l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih) et l’Ademe ont signé une convention de partenariat pour mieux guider les patrons des hôtels, cafés, et restaurants dans leurs enjeux liés à la transition écologique. Sobriété énergétique et lutte contre le gaspillage alimentaire sont parmi les priorités qui font l’objet d’engagements forts des acteurs de la filière. L’Ademe a scellé aussi une charte avec le groupe hôtelier Accor pour accélérer la décarbonation des établissements, rechercher une efficacité et sobriété énergétique, mettre en place une mobilité durable et réduire le gaspillage alimentaire. Depuis trois ans, l’Umih Nouvelle-Aquitaine travaille sur le programme « hôtel du futur » dont l’objectif est de favoriser l’économie circulaire.
L’association Beyond Plastic Med qui lutte contre la pollution plastique en Méditerranée, vient de lancer un Guide destiné aux hôteliers souhaitant réduire l’empreinte environnementale de leur activité. La start-up Luniwave propose un dispositif intelligent qui réduit la consommation d’eau des douches d’hôtel de 30 %, Elle a aujourd’hui sa notoriété en scellant des partenariats avec des chaînes hôtelières comme B&B, Accor et Best Western.
Des labels crédibles
Hôtel, gîte, camping, résidence de vacances… En recherchant un hébergement écologique, il faut se laisser guider par les labels. Alors que l’affichage environnemental, inscrit dans la loi climat résilience, est obligatoire depuis 2026 pour tous les établissements touristiques, les demandes d’obtention d’écolabels ont augmenté de 70 % cette année grâce aux subventions publiques et la demande des clients. Aujourd’hui, 30 % du parc hôtelier affiche un label écologique. Cela va de l’écolabel européen à Green globe en passant par Hôtels au naturel et la Clef Verte. Tous ces labels visent à garantir une réduction des impacts tout au long du cycle de vie dans les produits utilisés, la réduction des consommations d’eau et d’énergie et l’amélioration de la gestion des déchets. Des critères sont également développés pour les systèmes d’éclairage ou les transports de la clientèle et du personnel.
Non au client gaspilleur !
La transition écologique hôtelière ne peut pas se faire sans la participation du client. Selon les données de l’Ademe, 70 % de la consommation d’eau et 60 % de la facture énergétique sont directement générés par les comportements des clients en chambre. Un voyageur consomme en moyenne trois fois plus d’eau et d’énergie qu’à son domicile. Et pourtant ce client gaspilleur aspire à des séjours écologiques ! 70 % déclarent privilégier des établissements engagés dans une démarche durable. Mais 90 % réagissent négativement dès lors qu’une mesure de sobriété telle que la restriction d’eau ou le refus du changement quotidien du linge leur est ordonné ! L’écologie, oui. Mais pas d’écologie punitive durant les vacances !
Les hôteliers doivent avoir une communication claire et précise, incitative et non contraignante, garantissant aux clients des séjours confortables. Les convaincre à adopter des comportements plus responsables pendant leur séjour. Le bon accueil et la pédagogie.






























