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L’euro comme monnaie de référence

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Un rendement s’exprime toujours dans une devise. Ce point paraît évident et il est pourtant rarement formulé, parce que la monnaie de référence est implicite : celle dans laquelle on vit et on dépense.

Pour un résident de la zone euro, chaque performance annoncée est donc une performance en euros, y compris lorsqu’elle porte sur des actifs libellés ailleurs. Un indice américain ayant progressé de 10 % peut se traduire par davantage ou par moins pour cet investisseur, selon l’évolution du taux de change sur la même période.

Comprendre ce mécanisme ne suppose pas d’intervenir sur le marché des changes. Il suffit de détenir des actifs libellés dans une autre devise.

Ce que la question recouvre pour un résident de la zone euro

Chercher qu’est-ce que le trading forex conduit généralement à des explications sur les paires de devises et l’effet de levier. Une dimension plus large concerne un public bien plus vaste.

Les situations créant une exposition au change sans intention particulière sont nombreuses :

  • La détention d’actions cotées hors de la zone euro ;
  • Les fonds investis sur des marchés internationaux, même libellés en euros ;
  • Les obligations émises dans une autre devise ;
  • Les matières premières, dont la plupart sont cotées en dollars.

Le deuxième point est le plus fréquent et le moins visible. Un fonds libellé en euros mais investi à l’étranger transmet l’exposition au change de ses actifs sous-jacents, indépendamment de sa devise de cotation.

La place de l’euro dans le système international

Connaître le poids réel de la monnaie de référence aide à situer l’exposition que l’on porte.

Un billet publié par la banque centrale indique que la part de l’euro dans les réserves mondiales est d’environ 20 %, comme cela est le cas depuis vingt ans, tandis que la dette internationale émise dans cette monnaie a atteint près de 1 000 milliards d’euros l’année précédente.

Une part stable

La stabilité de ce pourcentage sur deux décennies est en soi une information. La position relative de l’euro n’a pas évolué malgré les crises successives, ce qui indique une structure durable plutôt qu’une situation conjoncturelle.

Le même billet observe que d’autres grandes économies prennent des mesures délibérées pour étendre le rôle de leur monnaie, y compris dans les paiements numériques.

L’écart avec la devise dominante

L’ordre de grandeur mérite d’être précisé, car il détermine la structure du marché des changes.

Une présentation institutionnelle du sujet indique que l’euro représentait environ 20 % des avoirs officiels de réserve de change dans le monde en 2024, mesurés à taux de change constants, tandis que la part du dollar américain s’établissait à 57,8 %.

La même source relève une évolution notable sur le financement : l’émission de prêts et d’obligations libellés en euros a augmenté de plus de 40 % en 2024, atteignant son niveau le plus élevé depuis la crise financière, portée notamment par des entreprises américaines.

Ce point explique pourquoi la paire entre les deux monnaies concentre une part considérable des échanges : elle relie les deux principales devises de réserve et de financement.

Pourquoi la monnaie de référence change le résultat

La conséquence pratique se lit dans les écarts de performance publiés pour un même actif.

Un fonds ou un indice affiche des rendements différents selon la devise de calcul retenue, sans qu’aucun actif sous-jacent ne diffère. L’écart correspond intégralement à la variation du taux de change sur la période.

De là découlent deux obligations de lecture. Une performance comparée doit l’être dans une devise unique. Et une performance annoncée dans une autre monnaie que celle dans laquelle on dépense n’indique pas ce qui a réellement été gagné ou perdu.

La banque centrale publie quotidiennement des taux de référence, toutes les devises étant cotées face à l’euro, ce qui permet de refaire ce calcul sans outil particulier.

Ce qu’il faut vérifier

Quelques contrôles suffisent à mesurer l’exposition portée sans l’avoir choisie :

  • La devise de calcul de chaque performance consultée ;
  • La répartition géographique des actifs détenus, et non leur devise de cotation ;
  • L’existence d’une couverture de change sur les fonds concernés ;
  • Le coût de cette couverture lorsqu’elle existe ;
  • La part du patrimoine financier exposée à une devise autre que l’euro.

Le troisième point se vérifie dans la dénomination du fonds, les parts couvertes comportant généralement une mention explicite.

Ce qui ne relève pas du trading

Il convient de distinguer deux choses souvent confondues.

Prendre une position sur une paire de devises, à effet de levier ou non, constitue une opération spéculative dont le résultat dépend d’une anticipation. Détenir des actifs étrangers crée une exposition au change qui existe indépendamment de toute anticipation.

La seconde concerne la plupart des épargnants, y compris ceux qui n’ont jamais consulté un cours de devise. La mesurer relève de la gestion de portefeuille, pas de l’intervention sur le marché des changes.

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