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Le traité sur la protection de la biodiversité en haute mer rentrera en vigueur début janvier 2026. Une avancée majeure pour la conservation et l’usage durable de la biodiversité. Par Ezzedine El Mestiri.
Cela fait longtemps que l’humanité l’attendait ! Le traité sur la protection de la biodiversité en haute mer a atteint le seuil des 60 ratifications de pays signataires pour entrer en vigueur. C’est désormais chose faite. Son nom officiel est : « Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale ». Il deviendra contraignant le 17 janvier 2026.
C’est une avancée historique pour l’océan. Couvrant plus des deux tiers de l’océan mondial, la haute mer, jusqu’ici un espace fragmenté, a besoin d’un cadre unificateur qui régit ses règles de conservation et d’usage durable de la biodiversité, la protection de ses aires marines et le partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques.
8,4 % de la surface marine est protégée
Les océans couvrent plus de 70 % de la surface de la planète. Ils régulent le climat, abritent une biodiversité exceptionnelle, fournissent des moyens de subsistance à des millions de personnes et facilitent le commerce mondial. L’humanité ne peut se résigner à observer les nombreuses atteintes portées à cette richesse : surpêche, pollution, destruction des habitats marins et mutation climatique. Les océans absorbent aussi 90 % de l’excès de chaleur dû aux gaz à effet de serre (GES). L’année dernière, leur température a atteint un niveau jamais enregistré depuis 65 ans.
Ce réchauffement met en danger les récifs coralliens, abris d’un quart de la vie marine et sources de subsistance pour près d’un milliard de personnes. Depuis 2023, 84 % de ces récifs ont subi un stress thermique. S’ajoute l’aberration de la pêche illicite qui représente plus de 26 millions de tonnes de poissons par an, soit 15 % des captures mondiales. Cette activité illicite et non réglementée est une grande menace pour des ressources halieutiques mondiales en régression. À ce jour, seulement 8,4 % de la surface marine est protégée, loin de l’objectif onusien de 30 % fixé pour 2030.
La santé de l’océan est celle de l’humanité
La Conférence onusienne sur l’océan tenue à Nice en juin 2025 a servi d’accélérateur politique en propulsant le chantier de ce traité au sommet des priorités. L’accord d’aujourd’hui énonce un droit contraignant avec un échéancier, des cartographies, des procédures d’évaluation et des dispositifs de financement. En effet, la protection des océans ne se décrète pas, elle se gère par des aires protégées, des évaluations d’impact et des espaces maritimes adoptés.
Renforcer aussi les capacités des pays en développement et des petits États insulaires, financer leur coopération, assurer leur accès aux données, contrôler les contrevenants et les sanctionner. La santé des océans est liée à celle des générations futures. « La santé de l’océan est celle de l’humanité. Face à la triple crise planétaire – le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution – cet accord constitue une bouée de sauvetage pour l’océan et pour l’humanité », précise António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.






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