Temps de lecture estimé : 2 minutes

Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), plus de 80 % des forêts originelles ont été abattues au cours du siècle dernier dans le monde.
Acheter en commun des forêts pour les protéger ou les gérer de façon durable : l’idée est de plus en plus répandue chez des citoyens. Se regrouper pour se procurer collectivement des parcelles de forêts et sortir des logiques marchandes. Les groupements forestiers citoyens et écologiques (GFCE) se multiplient. En 2021, il en existait à peine une dizaine, ils sont près du triple aujourd’hui.
Autrefois, les forêts étaient domaniales, publiques ou privées. Mais depuis quelques années, elles appartiennent à ces groupements. En Indre-et-Loire, un groupe citoyen acquiert des parcelles forestières afin d’en faire un sanctuaire et de permettre à la biodiversité de s’y épanouir sans contraintes : pas de chasse, une sylviculture douce et une présence humaine insérée.
Laisser la forêt en libre évolution
Sanctuariser la forêt victime du changement climatique d’une exploitation pas toujours vertueuse pour du bois de chauffage ou d’ameublement. Le Conservatoire d’espaces naturels d’Alsace (CEN) s’est donné pour mission de protéger la biodiversité en acquérant des espaces naturels. L’association États sauvages, créée en 2019 rachète des forêts pour recréer des espaces dépourvus de toute intervention humaine. Face au déclin de la biodiversité, l’association œuvre à l’acquisition de ces parcelles, qu’elle laisse en libre évolution, afin de préserver les espèces menacées.
Green Forest est un groupement qui se veut exemplaire en matière de gestion forestière et qui ne cherche pas la productivité, mais à favoriser la régénération naturelle. Il entretient ses parcelles, sans coupe rase. Éviter de laisser le sol nu qui émet plus de CO2 durant plusieurs années, même après que de jeunes arbres ont été replantés.
Faire renaître des forêts primaires
Nous avons une fausse image du patrimoine forestier. Nous pensons que la forêt appartient à tout le monde et qu’elle est gérée par l’État ! Mais en réalité, près de 75 % des forêts appartiennent à des propriétaires privés. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), plus de 80 % des forêts originelles ont été abattues au cours du siècle dernier dans le monde. La forêt telle qu’on la connaît aujourd’hui est majoritairement exploitée et gérée par l’homme pour son bois.
L’association du botaniste Francis Hallé contribue à la préservation, à la connaissance, au développement et à la renaissance là où l’activité humaine a fait disparaître des forêts primaires dans le monde. Ces forêts primaires, jamais inquiétées par l’intervention humaine, sont une ressource essentielle et riche de biodiversité mais aussi de régulation du climat, précieuse dans le contexte de réchauffement actuel.
Rappelons que le placement forestier conserve des avantages fiscaux notamment qui octroient 25 % de crédit d’impôt pour l’achat de parcelles forestières, ou pour les travaux d’entretien de sa parcelle. La propriété forestière bénéficie aussi d’une exonération de 75 % sur les droits de succession.
Deuxième puits de carbone naturel après l’océan, la forêt est une alliée face au réchauffement climatique. Mais elle est aussi victime des sécheresses qui se multiplient et mettent en péril la santé des arbres. Les arbres ne sont pas invincibles ! Selon le dernier inventaire forestier national de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) leur mortalité a augmenté de 80 % en dix ans dans les écosystèmes forestiers. Ces initiatives citoyennes salutaires sont précieuses car elles contribuent à l’adaptation de la forêt française dans un contexte de changement climatique et de perte de biodiversité. « Toute l’histoire de notre évolution biologique tient dans la vie d’un arbre », note le botaniste Francis Hallé.


![[LE DÉBRIEF] « QVEMA » saison 6, épisode 1 QVEMA](https://www.ecoreseau.fr/wp-content/uploads/2026/01/QVEMA-credits-M6-218x150.png)
























