Nos vêtements en transition écologique !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

En France, la réparation des vêtements abimés plutôt que leur remplacement est loin de constituer un réflexe. 

Aujourd’hui, 97 % du textile consommé en France est importé. Nous achetons plus de 7 millions de vêtements neufs par jour. Selon une récente étude réalisée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) et l’Observatoire Société& Consommation (ObSoCo), nous nous procurons 13 pièces d’habillements par personne et par an. Avons-nous besoin d’acheter autant quand plus de la moitié d’entre eux restent dans nos placards sans être utilisés ?  Il est vrai que faire du shopping relève d’un besoin primaire, qui va bien au-delà de la seule fonction de se vêtir : sociabilité, identité et bien-être.

L’Ademe rappelle que l’industrie textile est responsable de près de 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales, soit plus que les secteurs aérien et maritime réunis. La production textile serait également responsable d’environ 20 % de la pollution mondiale d’eau potable, en raison des teintures et autres produits de finition. Rappelons que certaines techniques de fabrication comme les multiples rinçages, entraînent une consommation excessive d’eau, tandis que certaines méthodes exposent les ouvriers à des risques de santé.

Petits prix et cycle de production court

L’industrie du textile est championne en rejet de polluants, des métaux lourds et produits chimiques aggravant la dégradation environnementale. Le triste exemple du géant chinois de l’ultra fast fashion Shein illustre bien ce désastre écologique. L’enseigne se démarque par ses petits prix, son cycle de production très court et les quantités fabriquées dans ses 6 000 usines. Elle parvient à proposer sur son application entre 2 000 et 10 0000 nouvelles pièces par jour ! Un récent rapport de Greenpeace a épinglé 15 % de ses produits qui contiennent des substances chimiques dangereuses dépassant les limites réglementaires de l’Union européenne. S’ajoutent des graves atteintes aux droits humains et des conditions de travail dans les usines où les normes de sécurité ne sont pas respectées.

Développé en coopération avec l’Ademe et lancé en avril 2024, l’outil Ecobalyse calcule l’impact environnemental d’un produit textile. Il s’appuie sur la méthodologie d’analyse du cycle de vie, qui inclut la durabilité, les matières premières utilisées, les différentes étapes de la transformation du tissu, la distribution et la fin de vie du produit. Sur n’importe quel site marchand, lorsque l’on clique sur un vêtement, l’impact environnemental apparaît dans la description produit.

En pleine évolution écologique

Le Parlement français vient d’adopter une loi salutaire qui vise à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, et plus particulièrement de la fast fashion. Ce texte marque une avancée historique contre la surconsommation textile. Limiter la pollution engendrée par la mode à outrance, en mettant en place plusieurs mesures dont l’information des consommateurs sur les méfaits de la mode éphémère et sur les possibilités de réemploi et de réparation des vêtements. La loi interdit la publicité pour les entreprises et les produits relevant de la fast fashion. L’objectif est de responsabiliser cette industrie et de promouvoir une consommation plus durable et respectueuse de l’environnement.

En France, la réparation des vêtements abimés plutôt que leur remplacement est loin de constituer un réflexe : seuls 27 % d’entre nous déclarent refuser de jeter un vêtement qui peut encore être réparé, plus de la moitié le faisant de temps en temps (53 %) et 20 % systématiquement. Selon l’enquête réalisée par l’Ifop l’éco-organisme de la Filière Textile d’habillement, Linge de maison et chaussure Refashion indique que la réparation de vêtements est une pratique très occasionnelle. Mais paradoxalement, plus de 4 Français sur 5 se disent prêts à faire réparer leurs vêtements !

L’industrie du textile est en pleine évolution écologique. Et tant mieux ! Les entreprises commencent à comprendre qu’elles doivent changer en structurant des filières plus durables. Le consommateur continue à exercer une influence non négligeable par son acte d’achat de plus en plus citoyen. Côté réglementation, elle est de plus contraignante mais équitable pour favoriser les entreprises vertueuses qui s’engagent. « L’habit ne fait pas le moine, mais il fait l’homme du monde », écrivait Claude Aveline.

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