C’est le troisième événement sportif mondial le plus suivi. Le Tour de France. Tout récemment, son parcours a été dévoilé pour l’été 2027. Plus qu’une compétition sportive, le Tour offre aussi des opportunités économiques majeures, autant aux coureurs qu’aux territoires.
L’annonce du parcours du Tour de France 2027 a déjà fait parler. Parmi les grands heureux, Édimbourg, en Écosse, qui se prépare à accueillir le départ du Tour masculin, le 2 juillet, pour la première fois. Pas moins d’un départ et trois étapes pour le Royaume-Uni. Mais aussi, Leeds, en Angleterre, qui lancera la course féminine le 30 juillet.
Alors, le Tour de France, cet événement qui voit ses audiences et ses droits TV en hausse chaque année, continue d’attirer l’œil. En 2026, Tadej Pogačar et Demi Vollering ont remporté le Tour. Mais sont-ils les seuls à ressortir gagnants de la compétition ?
500 000 euros… rien que ça ?
En 2026, le vainqueur du Tour de France chez les hommes a remporté 500 000 euros – une prime qu’il redistribue avec ses équipiers et son staff, une règle non écrite. En bref, il ne gagnerait en fait qu’entre 150 000 et 200 000 euros. Un montant qui reste le même depuis plusieurs années déjà. Et qui constitue 20 % de l’enveloppe globale de l’organisateur, Amaury Sport Organisation (ASO), avec une dotation totale de 2,58 millions d’euros. Mais le numéro 1 n’est pas le seul à empocher sa récompense… la dotation est dégressive. Les cyclistes qui complètent le podium gagnent 200 000 et 100 000 euros chacun. Tandis que ceux qui se classent entre la 20e et la 160e position gagnent 1 000 euros.
Mais ce n’est pas tout ! Il existe également des classements annexes… comme le classement par points (maillot vert) et le meilleur grimpeur (maillot à pois), qui gagnent 25 000 euros. Et le meilleur jeune (maillot blanc) qui gagne 20 000 euros. Le porteur du maillot jaune gagne également une rente quotidienne de 500 euros pendant les épreuves, soit environ 10 500 euros supplémentaires sur les 21 étapes… s’il continue de remporter ces étapes.
Un prize money qui est, en réalité, bien plus faible comparé à d’autres sports. Par exemple, en tennis, à Roland-Garros en 2026, le vainqueur a empoché 2,8 millions d’euros. Ou en football, le Paris Saint-Germain, qui a remporté la Ligue des champions 2026, a empoché 6,5 millions d’euros. Et du côté des femmes ? Le montant total des primes, en 2026, est de 259 430 euros. La vainqueure gagne une prime de 50 000 euros… soit dix fois moins que les hommes. Rappelons, tout de même, que la course féminine se dispute sur neuf étapes, contre 24 pour les hommes.
« Une chance » qui vaut vraiment le « coût » ?
Devenir une ville-étape du Tour de France, ce n’est pas donné à tout le monde. Chaque année, des centaines de villes déposent leur candidature en espérant accueillir les coureurs. Mais surtout, ça coûte. Comptez 80 000 euros pour un départ et 120 000 euros pour une arrivée. C’est ce qu’on appelle le ticket d’entrée. Derrière ce ticket s’ajoutent les travaux et aménagements urbains nécessaires pour accueillir l’événement dans les règles de l’art. « En plus du droit acquitté à ASO, nous avons investi près de 100 000 euros en logistique. La dépense est importante mais incontournable », confirme Michel Valla, maire de Privas (Ardèche), dans La Croix.
Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Une récente étude du cabinet Segat sur les retombées économiques du passage du Tour 2026 en Isère souligne un succès mesurable. 1,74 million d’euros de dépenses ont été effectués. Pour le ticket d’entrée (40 %), la logistique, les navettes, les remontées mécaniques, les tribunes (9 %), la sécurité (33 %) et la communication, l’animation et la décoration (18 %). En contrepartie, les entreprises ont empoché 38,4 millions. Dans le détail : l’hôtellerie et la restauration en ressortent gagnantes. Les premiers bénéficient de 14,2 millions d’euros, et les seconds de 11 millions d’euros. Viennent ensuite les achats de souvenirs (3,4 millions de retombées), les activités (2,9 millions) et les transports (2,4 millions).
On estime que 450 000 visiteurs sont venus passer au moins une journée en Isère. « Accueillir le Tour est une chance. Si nous n’en doutions pas, nous voulions faire la démonstration de l’impact économique. Cette rentabilité dépasse toutes nos espérances et c’est une excellente nouvelle pour notre département. Sur le plus long terme, c’est un levier d’attractivité, plaçant l’Isère et ses superbes paysages comme une terre de vélo dans la rétine de millions de téléspectateurs », a déclaré Jean-Pierre Barbier, président du département de l’Isère, dans Le Parisien. Bref, en une phrase choc : un euro investi sur le Tour, c’est 22 euros de gagnés.






























