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Le 5 novembre, le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine a été réélu à la Maison-
Blanche.
Et c’est factuel. Car, dans l’histoire, aucun homme politique, avocat, ou escroc en tous genres n’a exprimé autant de mensonges. D’aucuns pourraient y voir la force de la fiction, du récit politique, mais il n’en est rien. Cette victoire n’est que le résultat d’une nation en souffrance bipolarisée, bercée aux fantasmes des séries télé, et dont on imagine le réveil brutal, une fois l’outrance du récit artificiel dévoilé.
Le nouveau locataire de Washington n’est pas le dépositaire d’un récit, ni même d’un dessein, mais seulement d’une promesse thérapeutique : la réhabilitation de la grandeur des USA.
« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps », nous rappelle le Président Lincoln, premier président républicain, porteur d’un récit authentique, qui changea le destin de la première puissance politique et économique : l’Union et l’émancipation des esclaves. Il me semble nécessaire de rappeler ce qui se joue de primordial dans le récit authentique.
Le récit est un moyen de transmettre des croyances et des valeurs d’une génération à l’autre.
À travers les contes, les légendes et les récits historiques, les sociétés préservent leur identité culturelle et partagent des leçons morales essentielles.
Les récits aident les individus à donner un sens à leur expérience. Ils permettent de comprendre et de construire leur identité personnelle, et de situer leurs propres expériences dans un cadre narratif plus large.
Le récit aide les collaborateurs à mieux comprendre qui ils sont, et comment ils s’inscrivent dans le projet d’entreprise.
De même, le récit constitue un puissant outil de communication qui crée des liens entre les individus. Partager des histoires favorise l’empathie et la compréhension mutuelle, renforçant ainsi les relations interpersonnelles entre le dirigeant et ses collaborateurs, et donc la cohésion sociale.
Les récits permettent enfin aux dirigeants d’exprimer et de gérer leurs émotions. Tiphaine Samoyault, essayiste et critique littéraire, affirme que « le récit est la forme naturelle de notre identité personnelle, ce qui garantit le fait que je reste la même personne ». Elle souligne que les récits aident à « mettre de l’ordre dans quelque chose qui paraît ne pas en avoir et à donner du sens à nos vies : nos émotions y sont toujours convoquées ».
Utiliser le pouvoir de la narration dans le leadership, c’est partager des histoires authentiques qui reflètent vos véritables expériences et valeurs.
Rappelez-vous, enfant ou adolescent, ce professeur fascinant qui, par la force et l’authenticité de son récit, transformait les yeux des élèves en oreilles !
Les histoires véhiculées par les dirigeants ne sont pas des « outils » de communication, encore moins des instruments de sophistique, loin des « storytelling » et autres « éléments de langage », mais bien une force puissante d’inspiration qui peut façonner l’avenir des entreprises et de ceux qui s’y investissent.
Inspirer, c’est diriger avec le coeur.
![[LE DÉBRIEF] « QVEMA » saison 6, épisode 2 QVEMA](https://www.ecoreseau.fr/wp-content/uploads/2026/01/QVEMA-credits-M6-218x150.png)



































