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En 2025, plus de 69 000 entreprises ont fait défaut.
Un chiffre qui parle, mais surtout une réalité que beaucoup d’entre vous observent de près ou de loin : une défaillance arrive rarement brusquement. Elle s’installe, progressivement.
Une trésorerie qui se tend, un client qui paie en retard, un marché qui ralentit… et, sans s’en rendre compte – ou sans vouloir l’admettre parfois – l’équilibre se fragilise.
Acteurs publics, privés et associatifs de l’accompagnement des entreprises ont un devoir commun : mieux coopérer et mieux faire connaître leurs dispositifs afin de détecter au plus tôt les fragilités et d’orienter plus efficacement les entreprises vers les solutions adaptées.
Cela suppose de travailler davantage en intelligence collective, de considérer les signaux faibles et de transformer la complémentarité des acteurs en véritable force d’intervention.
Mais les entreprises ont aussi un rôle à jouer.
Elles doivent être plus attentives à leur santé financière, à l’évolution de leur environnement économique, ainsi qu’aux difficultés susceptibles d’affecter leur activité.
Être à l’écoute de leurs propres fragilités, de leurs partenaires, de leurs marchés et de leur trésorerie constitue une condition essentielle de prévention.
Car soyons lucides, les solutions existent. Mais elles sont souvent mobilisées trop tard.
Par manque de temps, par méconnaissance, parfois aussi par crainte du regard extérieur ou du mot « difficulté ».
Et puis, lorsque l’on dirige une TPE ou une PME, les priorités sont ailleurs : développer son activité, signer des contrats, faire tourner l’entreprise.
Et c’est bien aux acteurs de l’accompagnement qu’il revient de faire évoluer le paradigme d’intervention.
Ne plus rester dans une logique de simple réponse à la demande, mais « aller vers » les entreprises avant que la difficulté ne se transforme en rupture.
L’enjeu ? passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation !
C’est précisément l’ambition de la Charte de confiance signée par 35 acteurs publics, privés et associatifs sous l’impulsion du ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat Serge Papin aux côtés de la Banque de France.
Ce document est le résultat d’un travail de terrain que nous avons mené avec Hassiba Kaabeche, médiatrice du crédit, avec la participation de l’ensemble de notre écosystème.
La charte rassemble un nombre inédit d’acteurs : organisations patronales, banques, assureurs-crédit, experts-comptables, chambres consulaires, administrateurs judiciaires, Urssaf, Banque de France, médiations, organismes consulaires, associations, etc.
Alors, que met-elle en place ?
D’abord, une sensibilisation renforcée à l’anticipation, dès la création de l’entreprise : importance des outils de pilotage, comme le prévisionnel de trésorerie, formations, recours à la « boîte à outils du dirigeant ».
Ensuite, un engagement clair des signataires. Lorsqu’ils disposent de signaux avancés sur la santé d’une entreprise, ils prennent l’initiative d’entrer en contact pour partager un diagnostic, identifier des actions possibles et orienter rapidement vers les dispositifs adaptés.
À vous, chefs d’entreprise, je veux adresser ce message : demander de l’aide tôt n’est pas un aveu de faiblesse !
C’est un acte de gestion responsable.
Plus une difficulté est traitée en amont, plus les solutions sont nombreuses.
N’hésitez pas à solliciter le Médiateur des entreprises, ou bien à nous saisir sur notre site : www.mediateur-des-entreprises.fr.

































