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Qui ? Zèta
Quoi ? Une marque française qui fabrique des chaussures à partir de déchets recyclés

Des baskets à partir d’olive, de café et de maïs. Non, ce n’est pas une blague, mais le pari ingénieux de Zèta, une marque bordelaise fondée en 2020 par Laure Babin. À l’origine du projet, un constat sans appel. « Chaque année, des millions de sneakers sont vendus partout dans le monde. Et pourtant, 95 % de la production est fabriquée en Asie dans des conditions opaques et à partir de matières très polluantes », éclaire la fondatrice qui a elle-même pu observer ces pratiques de près, après avoir effectué plusieurs stages dans l’industrie de la mode et de la chaussure.
À l’heure où la fast-fashion dicte encore largement le rythme et où l’industrie de la mode est pointée du doigt pour son lourd bilan carbone, Zèta s’impose comme une alternative durable et responsable.
Travail artisanal et circuit-court
Pourquoi le nom Zèta ? Tout simplement parce qu’il s’inspire de la fonction « zéro » en mathématiques, pour rappeler aux consommateurs que ces baskets incarnent une démarche zéro déchet.
« L’idée c’était de se dire : “on a un produit très controversé, faisons l’inverse !” ». Très vite, le choix du Portugal s’est imposé comme lieu de production. « En France, il reste très peu d’usines de chaussures et les coûts sont élevés. Le Portugal est le berceau de l’artisanat de la chaussure ! J’ai visité plusieurs ateliers, mais le courant est tout de suite passé avec une usine, celle qui a ensuite fabriqué mes premiers prototypes ». Sans compter que le pays se situe à seulement 1 000 kilomètres de Bordeaux, où sont situés les bureaux de Zèta. Un moyen de limiter l’impact carbone lié au transport.
Pour sa première collection, la marque a misé sur des matériaux innovants : marc de raisin, plastique recyclé, liège recyclé et coton recyclé. Sans surprise, une partie des matières premières, le raisin donc, provient de Bergerac, près de Bordeaux (la région s’y prête !).
Concrètement, les résidus issus de la viticulture, les peaux et pépins de raisin, sont récupérés, puis mis de côté par les producteurs. Ils sont ensuite séchés, réduits en poudre, avant d’être mélangés à d’autres composants pour donner naissance à une matière souple, utilisée comme alternative au cuir.
Après le raisin, Zèta a fabriqué ses collections suivantes à partir de maïs, de café avec Nespresso et plus récemment à base d’olive. « Pour fabriquer une seule paire de chaussures, il faut environ huit heures. C’est une fabrication semi-artisanale : nous utilisons des machines mais il y a énormément de travail à la main », développe la fondatrice.
À ce jour, Zèta produit environ 1 000 paires par mois et a déjà écoulé plus de 60 000 chaussures depuis sa création. Celles-ci sont disponibles à la vente sur sa boutique en ligne ainsi que dans un réseau de 80 points de vente répartis à travers l’Europe.
Au-delà de l’engagement, le confort et l’esthétisme

Crédits : Zèta
« Nous ne voulons pas que nos chaussures se résument à une simple étiquette “écolo”. Notre objectif, c’est de séduire ceux qui ne sont pas encore convaincus, en misant sur deux valeurs essentielles : le confort et l’esthétisme. Nous voulons que chaque paire soit aussi agréable à porter qu’un chausson, qu’elle donne envie de l’acheter et qu’elle plaise visuellement », insiste Laure Babin.
À titre informatif, il faut compter entre 150 et 180 euros pour acheter une paire signée Zèta. Un tarif qui reste comparable – voire inférieur – à celui de certaines sneakers de marques de fast-fashion comme Adidas ou Nike.
En 2025, la marque s’est diversifiée pour répondre aux besoins des consommateurs. « Nous ne fabriquons plus uniquement des baskets mais des chaussures comme des ballerines, derbys, mocassins… Aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative sans matière animale pour la fabrication de ces chaussures. Il y avait un créneau à prendre », illustre la fondatrice. Et le succès est au rendez-vous : cette nouvelle gamme représente déjà 20 % des ventes. L’année dernière, Zèta a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros.
En mai prochain, en plus de dévoiler sa collection estivale avec des sandales pour hommes et femmes, la marque lancera des sneakers inédits et conçus à partir de balles de tennis recyclées, à l’occasion du prestigieux tournoi de Roland-Garros. L’objectif dans les années à venir ? ouvrir une boutique physique à Paris !































