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C’est un phénomène qui gagne du terrain auprès de la génération Z. Qui dit « Gen Z » dit TikTok. C’est en effet sur la plate-forme chinoise que le terme s’est popularisé. Le concept ? postuler de manière compulsive à de nombreuses offres d’emploi – parfois éloignées de nos compétences – lorsque son poste actuel ne procure plus de satisfaction.
Plutôt que de démissionner ou de pratiquer le quiet quitting, certains préfèrent désormais déverser leur frustration en postulant à la chaîne. Une manière de reprendre le contrôle face à un travail devenu source d’agacement ou de lassitude. Sur TikTok, la mention « rage applying » – comprenez « candidature enragée » – ne comptait pas moins de cinq millions de vues en 2023 dans un laps de temps très court.
La conséquence d’une grande frustration pour les salariés…
Avant de critiquer la Gen Z, et de la qualifier d’éternelle insatisfaite (ou de génération de flemmards), prenons le temps d’analyser les causes de ce phénomène. Le marché du travail a profondément évolué ces dernières années : précarité de certains postes, salaires jugés insuffisants face au coût de la vie, quête accrue de sens et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Sans parler de la succession de crises et de l’instabilité géopolitique. Dans ce contexte, le rage applying apparaît moins comme un caprice générationnel que comme le symptôme d’un malaise plus large.
Selon Simon Schnetzer, chercheur allemand spécialiste de la jeunesse, le rage applying constitue un marqueur générationnel avant tout. « Dans notre enquête, de nombreux jeunes ont déclaré s’être sentis en burn out au cours des derniers mois. Près de la moitié des moins de 30 ans déclarent souffrir de stress, contre seulement 20 % des plus de 50 ans. »
D’autant que postuler à de nombreuses offres d’emploi peut porter ses fruits : il est tout à fait possible de trouver un job qui correspond plus à ses aspirations ! C’est aussi un signe que la génération Z est pro-active dans sa quête d’épanouissement personnel et professionnel.
« Quel que soit le nom qu’on donne à cela, si vous n’êtes pas heureux au travail, vous devriez refaire votre CV et postuler à d’autres emplois. La vie est trop courte et nous passons trop de temps au travail pour occuper un emploi qui nous rend malheureux », souligne la recruteuse américaine et créatrice de contenu, Bonnie Dilber, dans les colonnes du HuffPost.
… que les entreprises ne doivent pas prendre à la légère !
Le risque ? vouloir fuir une entreprise à la moindre contrariété. Évidemment si le management est toxique ou que vous n’êtes plus en accord avec les valeurs de l’entreprise, le rage applying apparait comme une sortie de secours/solution de repli. Mais attention à bien évaluer la situation au risque de quitter une entreprise sur un coup de tête pour ne pas retrouver mieux ensuite.
Du côté des employeurs, il faut pouvoir anticiper le mal-être des collaborateurs pour éviter qu’ils ne partent précipitamment. « La forte tension qui règne actuellement sur le marché de l’emploi met les entreprises dans une position parfois délicate, elles ne peuvent donc pas se permettre de laisser se développer le rage applying », met en garde Stéphanie Richard, directrice du cabinet de recrutement Walters People dans les colonnes de 20 Minutes.
Il revient à l’entreprise d’installer un climat convivial, dans lequel les collaborateurs peuvent se sentir libres d’exprimer leur ressenti.
Essentiel, cependant, de nuancer l’ampleur du rage applying. Malgré son engouement sur les réseaux sociaux, le phénomène n’a rien d’inédit, comme le rappelle Amy Zimmerman, directrice du personnel chez Relay Payment, auprès de la chaine de télévision américaine CNBC : « Postuler à de nouvelles fonctions parce que vous êtes frustré par votre salaire, votre manager, vos collègues… sont des raisons ancestrales pour lesquelles les employés ont toujours cherché à changer de travail. »






























