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Lithium, cobalt, nickel, terres rares, tous ces minerais, sont devenus le carburant recherché du XXIᵉ siècle. Sans eux, l’économie numérique et décarbonée deviendrait impossible. Par Ezzedine El Mestiri.
Aujourd’hui, ces ressources occupent une place primordiale dans la stratégie mondiale et elles ne cessent d’influencer l’architecture énergétique du monde. À travers de réunions, d’études et recommandations, l’Organisation des Nations unies se saisit de ce sujet, de peur que des rivalités géopolitiques se transforment en conflits.
«Les minéraux critiques comptent parmi les principaux moteurs de l’économie du XXIᵉ siècle. D’innombrables choses que nous tenons pour acquises : les smartphones, les véhicules électriques et les technologies médicales de pointe ne seraient pas possibles sans eux », constate la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, au Conseil de sécurité de l’ONU.
Des États en guerre
En 2023, le commerce des minerais bruts et semi-transformés a représenté 10 % du commerce mondial, environ 2 500 milliards de dollars et la sollicitation pourrait tripler d’ici à 2030. Selon l’agence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), par exemple, la demande en lithium, nécessaire à la fabrication de batteries, d’appareils électroniques et de véhicules électriques à haut rendement, devrait augmenter de plus de 1 500 %. Cela ne pourrait qu’alimenter la concurrence géopolitique. En plus, leur extraction de ces minerais est souvent associée à des violations des droits humains et à une détérioration de l’environnement.
Derrière les batteries et les aimants des technologies vertes, il y a une face sombre des mines dangereuses et des paysages saccagés et des guerres présentes dans des territoires riches en ressources minérales. Summum du cynisme, plusieurs des États touchés par un conflit, en sont d’importants producteurs, dont la République démocratique du Congo(RDC), le Myanmar et l’Ukraine. Par exemple, la RDC concentre plus de 70 % de l’extraction mondiale de cobalt, métal indispensable aux batteries des appareils électroniques. Quant à l’Ukraine, elle regorge d’importantes réserves de titane et de lithium. Comment gérer l’exploitation minière dans un contexte de conflits sans avoir des effets dévastateurs ?
Une diplomatie des minerais
Face à cette nouvelle géopolitique des ressources, l’ONU plaide pour une véritable diplomatie des minerais. Éviter qu’elles ne deviennent un nouveau moteur de conflits. Garantir des retombées économiques équitables pour les pays producteurs. Établir des chaînes d’approvisionnement responsables afin de lutter contre le commerce illicite et l’exploitation abusive des ressources naturelles.
Faut-il aussi s’inquiéter des répercussions de l’exploitation des ressources marines en eaux profondes qui cause des dommages irréversibles à l’environnement ? Les minéraux rares indispensables pour exaucer la demande en matière de batteries ou de panneaux solaires, ont entraîné un intérêt pour les fonds marins qui abondent de cobalt, de nickel, de cuivre ou de manganèse. Là aussi, une vigilance est nécessaire.
À mesure que l’urgence climatique s’aggrave, la demande en minéraux essentiels pour les technologies d’énergies renouvelables et des véhicules électriques explose. Il y a une urgence à protéger les minéraux essentiels et assurer à toute l’humanité une transition vers une énergie propre garantissant l’équité, la durabilité et le respect des droits de l’homme. Ces minéraux critiques doivent être un vecteur de développement durable qui contribue à la paix internationale, et non un facteur de compétition ou de nouvelles fractures géopolitiques.




























